Son nom est difficile à retenir, mais sa voix mérite un effort de mémoire: Sin-Nyoung Hwang, soprano coréenne et deuxième prix du Concours de Genève l'année dernière, a brillé dans la Messe en do mineur de Mozart, entourée du Motet et de l'Orchestre de Chambre de Genève. Elle a rempli mercredi soir le bel espace du BFM, insufflant de la puissance et un abandon bienvenu aux parties solistes, dont les quatre voix ont eu quelque peine à collaborer lors de leurs rares réunions. Son «Et incarnatus est» évoquait la scène pastorale de la crèche, éclairée par la flûte, le hautbois et le basson dans une intimité confiante.

Les choristes du Motet ont également fait preuve de solidité, tenant le cap dans les tempi souvent lents, voire lourds, de Marcelo Giannini. L'accablement tragique du «Qui tolis», soutenu par la scansion lancinante des cordes, ou la confiance du «Credo» transparaissaient dans les voix.

En première partie de concert, l'ensemble s'est abandonné aux chaleurs romantiques du Psaume 42 de Mendelssohn, qui dit l'appel d'une âme esseulée, tendue dans l'attente d'une réponse divine.

Ce n'est pas du tout grand Mendelssohn, mais l'œuvre a apporté un apaisement langoureux aux esprits fatigués. La soprano Johanna Stojkovic y a démontré une technique évidente et des intentions fines, malgré des accentuations surfaites et une voix à tendance pointue. Son timbre a pu s'arrondir dans les arabesques du «Quoniam» de la Messe de Mozart, où elle s'est montrée plus libre et plus chaleureuse.