Le Directeur de théâtre de Mozart et La Canterina de Haydn, couplés en un seul spectacle, rachètent les maladresses et l'ennui du récent Tom Jones à l'Opéra de Lausanne. Cette fois-ci, les chanteurs sont tous d'un très bon niveau, y compris le ténor Jose Luis Sola, dont le timbre pointu convient mieux à Haydn qu'à Mozart. Les jeunes étoiles de la troupe de l'EnVOL, capables de dominer les tessitures meurtrières dans Le Directeur de théâtre, savent aussi bouger sur scène.

Maniaque du détail, le Milanais Marco Carniti innerve sa mise en scène de références au monde du cinéma et du théâtre. Il transpose l'intrigue du Directeur de théâtre (l'envers du décor: querelles de divas, gestion des contrats) dans les années 1930 et 1940. Si la traduction française facilite la compréhension du texte, elle jette une dissonance sur le chant mozartien. Malgré de grosses ficelles, on rit beaucoup. On admire les sons filés de Sophie Graf (Madame Saint Amour) et d'Anne-Laure Kénol (Argentine), l'abattage de Carine Séchehaye (Clorinde). La Canterina (qui fait intervenir le mezzo corsé d'Isabelle Henriquez) est traité de manière plus subtile. La splendeur des décors rococo, l'élégance des costumes participent à l'éblouissement des sens. La Camerata et le Sinfonietta de Lausanne, soudés en un, menés par Pierre Amoyal au violon, pétillent.

Opéra de Lausanne, me 22 et ve 24 février à 20h. Loc. 021/310 16 00.