#Un jour, un tweet

Sur la Croisette, des élus et des déçus

Xavier Beauvois s’attaque dans la presse à Thierry Frémaux, qui n’avait l’an dernier pas sélectionné «Les Gardiennes»

Jusqu’au 25 mai, le hashtag #Cannes2019 sera l’un des plus utilisés sur Twitter. Chaque jour, parmi les milliers de gazouillis générés par le festival, «Le Temps» en retient un, prétexte à parler de Cannes, de sa Croisette, du cinéma, mais pas seulement.

A propos du 72e Festival de Cannes

Avant que ne soit dévoilée la sélection officielle du festival, les paris vont bon train. Tel film sera à Cannes, tel autre devra se passer d’une première sur la Croisette. Et dès que la sélection est connue, les commentateurs s’en donnent à cœur joie, commentant tout autant les films retenus que les absents. L’occasion pour le délégué général Thierry Frémaux de souligner, encore et toujours, qu’annoncer des films prématurément n’est pas leur rendre service. Car si au final tel long métrage n’est pas à Cannes, ça ne veut pas dire qu’il est raté, mais peut-être qu’il n’est pas fini. Voire que la stratégie de ses producteurs ne passait pas par une sélection dans le plus grand festival du monde, où un accueil mitigé peut s’avérer d’une rare violence.

Dans les colonnes de Paris Match, c’est un réalisateur qui y est allé de sa rancœur. Xavier Beauvois, dont le bouleversant Des hommes et des dieux avait largement bénéficié de son exposition cannoise, a reproché à Thierry Frémaux de n’avoir pas retenu, l’an dernier, Les Gardiennes. Un film d’époque sobre et digne coproduit par la société genevoise Rita Productions. Il est tellement courroucé, le Xavier, qu’il a démoli le processus de sélection et affirme ne pas vouloir remettre les pieds sur la Côte d’Azur tant que Frémaux y aura son bureau.

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Ce n’est pas le premier à être fâché, ni le dernier. Mais cette attitude pleurnicharde est pathétique. A Cannes, c’est Frémaux et son comité de sélection qui décident des films à inviter. Et ensuite, c’est un jury qui voit ces films et les prime. Il y a là une double subjectivité, et il faut l’accepter. A jouer la victime éplorée, Beauvois s’offre autant une visibilité qu’une mauvaise publicité.

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