D’Octave Mirbeau, l’histoire littéraire a surtout retenu quelques romans en forme d’électrochocs: Le Jardin des supplices (1899), ou Le Journal d’une femme de chambre (1900). Ce que l’on savait moins, c’est que les tiroirs de ce graphomane impénitent étaient remplis jusqu’à la gueule de textes d’autres genres (articles, contes, nouvelles, etc.), mais pas moins éclatants: on ne peut donc que saluer l’initiative des Editions de l’Arbre vengeur, qui réunissent dans un beau recueil une bonne vingtaine de ces écrits courts.

Mirbeau écrit le poignard entre les dents, mais il a la langue suffisamment agile pour suriner avec précision et intelligence. Comme l’écrit Stéphane Babey, le rédacteur en chef de Vigousse, dans la préface que l’Arbre vengeur lui a commandée, Mirbeau est un «[…] satiriste dont les attaques ne sont jamais gratuites, dont chaque rire cache une vérité, dont chaque cruauté est salutaire».