Musique

Cully Jazz Festival, l’amour fou pour le bon son

Pour sa 38e édition, le festival vaudois accueille Chucho Valdes, Snarky Puppy et Melingo

Ce qui est beau avec le Cully Jazz, outre la vue sur le lac, les caveaux pleins et le bourg viticole qui se plie en quatre pour faire Nouvelle-Orléans, c’est le sentiment que le festival offre chaque année à pareille saison un relevé des compteurs. Sur trois générations au moins, du patriarche cubain Chucho Valdes aux petits-enfants bénis du swing londonien, Cully invite ceux qui aujourd’hui disent le mieux le jazz. Panorama, du 27 mars au 4 avril.

Faisons chronologique parce que, pour tout dire, il n’y a pas vraiment de soirée à éviter dans cette 38e édition. Belle soirée africaine d’ouverture avec le Nigérian Femi Kuti et un maître du piano mandingue qui rend hommage au plus africain des Brooklynites: Randy Weston. Au Temple, Christophe Calpini présente son sublime projet avec cordes.

Le lendemain, voyage dans les trois salles du festival: patrons du jazz d’un côté avec Chris Potter et Bill Frisell, le superbe Shafiq Husayn au Next Step et la voix d’embruns de Lucas Santtana au Temple. Dans la foulée, dimanche 29, gros bastringue autour d’Ella avec un brillant big band mais aussi la belle promesse british Ashley Henry. Avant que lundi 30, énorme temps fort du festival, les révolutionnaires du jazz sous stéroïdes Snarky Puppy ne relancent la machine.

Traduire l’époque

Parmi les héros de cette édition, on suivra attentivement les deux concerts du batteur génial Mark Guiliana (son projet personnel Beat Music et sa participation à une création de l’HEMU Jazz Orchestra), mais aussi le retour au feu du pianiste texan Jason Moran, qui est l’incarnation même de ce que Cully cherche à faire en matière de jazz: rendre compte d’une histoire et d’une aspiration dans le même temps.

Sur le 37e Cully Jazz: Chiffres froids pour édition bouillante

Très puissante soirée latine et vocale avec l’Italie de Vinicio Capossela et l’Argentine de Melingo, avant que, jeudi 2 avril, deux timbres de la soul romande, Melissa Bon et Gaspard Sommer, frottent leurs sons. Dans la stimulante programmation du Next Step, vigie de la manifestation, on retiendra aussi Neue Grafik Ensemble et Becca Stevens. Au Temple, le poète de la kora malienne Ablaye Cissoko. Et, en clôture, les cannibales de l’afrobeat londonien Kokoroko.

N’allez pas chercher de lignes de force ou de thématiques claires: la seule ambition de l’équipe de programmation, dont Jean-Yves Cavin, presque né à Cully avec le festival qu’il codirige aujourd’hui, c’est de savoir attirer ceux qui traduisent en musiques les plus créatives possible l’époque en cours.


38e Cully Jazz Festival, du 27 mars au 4 avril 2020.

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