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Lisa Simone, Cully Jazz Festival, chapiteau, mardi 17 avril 2018.
© LoOrent / Cully Jazz Festival

Bilan

Cully Jazz Festival: notes bleues et soleil pour une édition record

La 36e édition de la manifestation vaudoise s’est achevée samedi soir sur un concert de Fatoumata Diawara et un bilan réjouissant, avec une fréquentation en hausse

Neuf jours de musique, et neuf jours de soleil aussi, avec pour son week-end de clôture «des températures au-dessus des normales de saison», comme aiment le souligner les météorologues: le 36e Cully Jazz, qui s’est achevé samedi soir sur une prestation de la Malienne Fatoumata Diawara, affiche un bilan record. Avec 15 000 billets vendus pour 17 concerts complets, soit un taux de remplissage de 86%, le festival in a été largement plébiscité, preuve de l’excellence d’une programmation où le jazz le plus aventureux côtoie avec panache ses déclinaisons soul, gospel, world et pop.

Lire aussi notre éditorial:  L’avenir est aux festivals fourmis

Le festival off et sa centaine de concerts gratuits ont lui aussi attiré les foules – les organisateurs avancent un total de 70 000 visiteurs. Au moment du bilan, le codirecteur Jean-Yves Cavin se réjouit de la curiosité du public, en relevant par exemple le concert d’un duo saxophone-contrebasse suivi, le premier week-end en fin d’après-midi, par 500 à 600 personnes. «Nous ne faisons pas de l’animation musicale, nous défendons tant dans l’offre payante que gratuite une programmation à laquelle nous croyons», note le Vaudois, pour qui le off est indéniablement une porte d’entrée vers le in.

Intense Orage

Samedi soir sous le chapiteau, Fatoumata Diawara a présenté en exclusivité son nouvel album Fenfo (sortie le 25 mai), qu’elle a coproduit avec Matthieu – M – Chedid, qui l’avait invitée sur son projet Lamomali et qui l’a rejointe pour quelques titres. Pour certains, un des intérêts de cette soirée résidait d’ailleurs dans la présence du guitariste et chanteur français. Ambiance torride, public conquis, une belle manière de clôturer le festival. On ne peut néanmoins s’empêcher de penser qu’il y a dans la musique de la comédienne et actrice malienne quelque chose de trop lisse, une production trop clinquante et occidentalisée. Sa prestation fut souvent intense, certes, mais aussi calculée. Fatoumata Diawara semble plus consciente de ses effets – notamment lorsqu’elle reprend Sauver l’amour, de Daniel Balavoine – que véritablement habitée.

En première partie de soirée, le concert de L’Orage restera par contre l’une des belles découvertes de la semaine. Fondé l’an dernier, ce sextet réunit autour du batteur genevois Nelson Schaer le guitariste Robin Girod (son complice au sein du trio rock Duck Duck Grey Duck, aperçu vendredi soir au off), le pianiste Maël Godinat, le bassiste Fabien Iannone, le saxophoniste Ganesh Geymeier et le percussionniste burkinabé Baba Konaté. L’alchimie entre les musiciens est totale, il y a dans leur fusion ethno-jazz une jouissive ferveur.

Lizz et Lisa, tout en émotion

La veille, le chapiteau a réservé un magnifique accueil à Lizz Wright. D’entrée de jeu, la native de Hahira, Géorgie, se réjouissait de son retour à Cully, puis en deux reprises tout en swing mid-tempo (Barley de Birds of Chicago et Old Man de Neil Young) mettait le public dans sa poche. Entre soul, jazz et gospel, Lizz Wright évolue sur le fil des musiques afro-américaines, et en parfaite équilibriste distille un répertoire transcendé à la fois par sa sincérité et un groupe virtuose, à l’image de l’organiste Bobby Sparks.

Jean-Yves Cavin retient d’ailleurs la prestation de l’Américaine comme l’un des temps forts de la semaine, et cite aussi celle de sa compatriote Lisa Simone, empreinte d’une grande émotion. Et à titre plus personnel, le codirecteur avoue avoir pris «une grosse claque» lors du concert du trompettiste californien Ambrose Akinmusire, qui, tandis que le batteur Justin Brown ferraillait «dans tous les sens», a envoyé une suite de plusieurs centaines de do dièse dont il ne s’est pas toujours remis.

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