Festival

Cully Jazz: les suggestions du «Temps»

Le festival vaudois ouvre vendredi. L’affiche de la 36e édition est enthousiasmante. Quelques propositions hors des parcours fléchés


Dans le très beau programme du Cully Jazz Festival, 36e édition, il y a quelques passages obligés dont plusieurs concerts qui déjà affichent complet. On pense à la soirée autour de Fatoumata Diawara avec un figurant de marque (M), on pense aussi aux vétérans magnifiques du gospel sudiste (Blind Boys of Alabama) ou encore à notre reine des neiges (Erika Stucky). Mais, sur des sentiers moins rabattus, se lovent encore quelques perles. Quelques suggestions de hors-piste.

On parle beaucoup d’elle depuis quelques semaines. Le nouvel album de la Québécoise d’origine haïtienne, Radio Siwèl, reprend les chants insulaires liés à l’occupation américaine. Depuis longtemps, on aime la voix de Mélissa Laveaux (15 avril, Next Step), ce feulement créole qui en fait une signature du label parisien No Format!. Mais on l’a vue récemment au club L’Epicentre de Collonge-Bellerive. Elle y était spectaculaire, de guitare et de pop vrillées. Elle chante la Caraïbe avec les outils du rock.

Jazz des profondeurs

On a entendu aussi il y a peu de temps au CityClub de Pully le pianiste israélien basé à Brookyln Shai Maestro (17 avril, Temple). Il y jouait avec le prodigieux batteur genevois Arthur Hnatek (programmé dans le cadre du off, où il vernit le 14 avril son solo électronique, Swims). Un jazz des profondeurs, mélodique en diable, une attention au détail, à la voltige. Shai Maestro est un chanteur qui s’ignore, le clavier paraît pour lui un organe naturel.

On pourrait dire la même chose de Malcolm Braff, immergé dans une quête d’herméneutique des rythmes; il présente à Cully un projet qu’on dit brillant avec notamment le saxophoniste Jacques Schwartz-Bart (Shijin, 17 avril, Next Step).

On ne fera pas une claque soutenue pour Youn Sun Nah (18 avril, Chapiteau) dont il suffirait d’écouter la version de My Favourite Things pour saisir que presque rien ne vaut aujourd’hui ses respirations intranquilles. Ni non plus pour le trompettiste californien Ambrose Akinmusire (19 avril, Chapiteau) qui apparaît autant dans les cérémonies libertaires de Steve Coleman que dans les albums de Kendrick Lamar.

Mais on encouragera chacun à arpenter les rues pentues du bourg vaudois – notamment les traverses du festival, les caveaux; en particulier le THBBC qui offre cette année une carte blanche à un chasseur de fantômes originaire de La Chaux-de-Fonds: Louis Jucker.

Cully Jazz Festival, du 13 au 21 avril

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