Vingt-huit éditions et le sentiment, avec les années, que le Cully Jazz est un carrefour privilégié des musiques contemporaines. Présentée hier, l’affiche du festival, qui s’étalera du 9 au 17 avril, prouve que la manifestation vaudoise ne renonce à rien de ses ambitions nomades. Parmi les dizaines de concerts et événements, notre choix en neuf occurrences.

L’excellent photographe voyageur Claude Baechtold inaugure à Cully une exposition insolite. Faire du petit bourg viticole un centre du monde, en y associant des vues captées en Afghanistan ou en Chine.

Charlie Haden (9 avril). Le bassiste mirifique rameute son éternel Quartet West. Le compagnon de route d’Ornette Coleman, mais aussi de Pat Metheny, ouvre cette édition par la légende.

Hank Jones (le 10). Deux concerts, le même soir, au Temple. Il faut se précipiter sur les réservations pour cette apparition du pianiste mythique qui, forcément, sera prise d’assaut.

Superbe soirée manouche (le 11). Django Reinhardt aurait eu 100 ans le 23 janvier. Ses zélateurs prennent donc chapiteau. Dorado Schmitt, géant alsacien de la gratte en roulotte, mène ce bal mutin des nouvelles identités nationales.

Un messie du clavier caraïbe, Chucho Valdès (le 12), invoque les esprits insulaires au moment où le monde y songe le plus. Minino Garay introduit cette nuit flamboyante, où les Antilles ne s’abordent plus seulement sous l’angle du cocotier et du soleil huileux.

Fils de Fela, Femi Kuti (le 14) rassemble sa meute de danseuses dépareillées et de mercenaires fun­ky après que Imperial Tiger Orchestra (orchestre ethiopianiste de Genève) a brisé la glace. Belle soirée africaine.

Vijay Iyer (le 15). Incontestablement la révélation du piano contemporain, un génie new-yorkais.

Staff Benda Bilili (le 16), des Congolais en chaise roulante, dont le déhanché a vrillé notre été. Angélique Kidjo leur succède.

Marc Ribot toute la nuit (le 17). Le guitariste downtown au sein du Lucien Dubuis Trio puis de sa propre formation.

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