L'art et la culture, c'est moins sérieux que l'industrie, la Bourse et la Nouvelle Economie. Au fond, cela ne servirait à rien d'autre qu'à faire vivre nos corps et nos esprits quand ils ont échappé, momentanément, aux contraintes de la réalité. La preuve? On n'en parle pas lorsqu'il est question de stimuler le développement démographique d'une région et d'y retenir une jeunesse obligée de s'exiler vers les grands centres urbains. L'art et la culture, c'est coûteux, cela mange des subventions, cela sollicite les sponsors. Bref, un centime donné à la culture est considéré comme un acte de générosité, surtout par ceux qui le dépensent.

C'est donc un délice, pour les gens qui prennent les arts au sérieux, d'entendre des responsables politiques évoquer l'utilité économique des investissements culturels. Le canton du Jura voulait se construire un théâtre: trop cher. Dans ces cas-là, on connaît la chanson. Le projet est remis aux calendes grecques. Pour une fois, il ne l'a pas été. Il fallait un théâtre, il fallait qu'il soit moins cher. On a trouvé une solution. Espérons qu'elle se réalisera. Dans le canton du Jura comme ailleurs, il faut de l'imagination pour financer la culture. Ce serait vraiment terrible qu'il n'en faille pas plus que pour financer une bretelle d'autoroute.