Discographie sélective

Fela Anikulapo Kuti, «Eko Ile» (1973) Fils d’une grande famille yoruba du Nigeria, Fela redécouvre étrangement sa culture après avoir rencontré les Black Panthers à Los Angeles. Il retourne à Lagos, fonde un club (le Shrine, le temple) où les dieux yorubas côtoient le portrait des politiciens panafricanistes. Sa musique puise à toutes les sources d’une mémoire déjà disséminée.

The Last Poets, «Tribute to Obabi (Ogun)» (1972) Tandis que nombre de militants pour les droits civiques aux Etats-Unis prennent un nom islamique, Abiodun Oyewole choisit pour référence la culture yoruba et fuit même le FBI dans un village de Caroline du Sud où les enfants d’esclaves font revivre l’Afrique. Dans son groupe de proto-rap, les tambours sont obsédants. Et les prières manifestes.

Gilberto Gil, «Ilê Ayê» (1977) Le patron de Salvador de Bahia, qui a mis la négritude au centre de son œuvre, revient sans cesse aux souvenirs de carnavals. Ces grands orchestres de tambours menés comme des escadrons de jets qui sont baignés, chez Gilberto Gil, de guitares électriques et de rock’n’roll. Même lorsqu’il était ministre de la Culture, le chanteur tropicaliste se rendait régulièrement dans des cérémonies du candomblé pour chanter le nom des dieux yorubas.

Irakere, «Chekere Son» (1979) Temple vivant de la culture cubaine, conduit par le pianiste Chucho Valdés, Irakere est cet orchestre brûlant où les musiques rituelles de la rumba, le funk américain et le patrimoine caraïbe se coagulent pour démonter l’idée de pureté en musique. Ils influencent largement, avec leurs tambours congas et leurs cuivres extatiques, la salsa new-yorkaise. Mais, dans un aller-retour constant de rythmes atlantiques, se nourrissent aussi de ce qui se trame chez le voisin yankee.

Jorge Amorim et Hank Schroy, «Orixás» (2004) Un album entier dédié aux Orixás, les dieux yorubas. Ce sont deux New-Yorkais aux origines brésiliennes qui convoquent un prêtre vaudou haïtien, des DJ’s de Brooklyn, des voix de La Réunion, de Panama, du Nigeria et du Brésil pour établir une cartographie hyper-contemporaine des identités yorubas en diasporas. Dieu par dieu, ils dessinent une mondialisation heureuse et une spiritualité un brin new age. L’album peut être téléchargé gratuitement sur www.newritual.com