Plusieurs compagnies de théâtre genevoises ont été inspirées par le 400e anniversaire de l'Escalade. C'est le cas à la Zot Compagnie, une troupe passionnée de marionnettes et installée à Carouge. Il faut dire que son directeur, André Schmutz, appartient à la grande famille de la Compagnie 1602. Son père l'a dirigée, et il a lui-même participé à la préparation du 400e. Cette proximité avec la digne Compagnie ne l'a pas empêché de préparer avec la Zot Jacotte et la marmite, un spectacle soigné mais qui a pris quelques distances avec l'Histoire.

Dans cette version, écrite par Thierry-Gildas Gex et mise en scène par Patrick Meylan, les personnages – une quinzaine en tout – sont des animaux. C'est ainsi que le duc de Savoie, renommé Filou, est un loup. Et même un beau loup, qui fait fantasmer une des copines de la Mère Royaume, ici prénommée Jacotte. D'où quelques crêpages de chignon – ou plutôt volées de plumes – entre les commères volailles de Genève. Fières Genevoises ou écervelées amoureuses, toutes ont perdu leur marmite, subtilisées par Maleficia, sorcière à la solde de Filou.

De la musique classique meuble les interludes entre les 12 tableaux, pendant que derrière le rideau rouge le décor passe – assez rapidement tout de même – du château du duc à la cuisine de Jacotte, de la campagne aux remparts. Et les voix sont malheureusement enregistrées, ce qui fait aussi perdre un peu de dynamisme au spectacle. Mais il reste somme toute d'une assez belle inventivité, appréciable à tout âge, de préférence depuis les premiers rangs, pour mieux distinguer la finesse de confection des marionnettes à fils.

«Jacotte et la marmite», Halles de la Fonderie, av. Cardinal-Mermillod 17-19 à Carouge, tél. 022/343 96 96. Me à 15h, sa à 17h, di à 11h et 15h. Jusqu'au 1er déc.