C’est l’histoire de Maud, une architecte remportant malgré elle le concours de réhabilitation du parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Nuitamment, la maquette qu’elle avait réalisée à l’insu de son patron s’est envolée pour survoler la ville et se poser, au milieu d’autres projets, sur un bureau de la mairie de la capitale. A travers la figure de Maud, qu’elle interprète elle-même, Valérie Donzelli pose cette sempiternelle question: qu’est-ce que l’art? Ou plutôt: qui a le droit de décider ce qui est de l’art ou non?

Dans sa cinquième réalisation, la Française convoque alors dans une parenthèse documentaire – on y voit une archive de l’INA – la figure de Daniel Buren, auteur au milieu des années 1980 d’une œuvre qui avait suscité une vive polémique lors de son érection dans la cour d’honneur du Palais Royal. Pour elle, l’art semble être moins quelque chose d’élitiste, quelque chose qui se mériterait, qu’un laboratoire, un moyen de continuellement repenser notre rapport au monde. Il en va ainsi de son film qui, tout en ancrant son récit dans une société anxiogène (sont évoqués les dérèglements climatiques, la crise migratoire, le chômage en hausse ou encore le terrorisme), se profile vite comme une tragicomédie déjantée.