Musique

«Dancing Queen», version symphonique

Les musiciens originels d'ABBA remontent sur scène avec les tubes mythiques du groupe suédois, accompagnés par l'OCG. Deux soirées qui mêleront pop, orchestre et pattes d'ef

On ne compte plus les groupes de reprise d’ABBA, qui proposent régulièrement leurs versions de «SOS» en vestes à paillettes pour animer les fêtes et les soirées de boîte. En l’occurrence, les amateurs du groupe suédois seront servis cette fin de semaine, avec deux concerts spécial revival sur les bords du Léman. Mais cette fois, pas question de pâles sosies: ceux qui s’apprêtent à monter sur scène ne sont autres que les musiciens qui entouraient à l’époque les fondateurs d’ABBA.

Le guitariste, le batteur, le saxophoniste… Ils sont six en tout à avoir vécu les années folles du groupe pop à la fin des années 70 et à avoir poursuivi des carrières en solo à sa dissolution, en 1982. Trente ans plus tard, alors qu’ils se retrouvent en studio, les anciens s’étonnent de la popularité indéfectible des tubes d’ABBA.

«Entre la comédie musicale, le film Mamma Mia, les reprises, nous avons réalisé que la musique d’ABBA était encore furieusement en vogue. Et que ce serait génial de la jouer à nouveau devant un public», raconte Johan Stengård, le saxophoniste du groupe, dont on entend distinctement les riffs dans le refrain de «Voulez-Vous». Stengård se mue alors en producteur et manager de la formation ainsi ressuscitée.

A la double-croche près

Les fondateurs d’ABBA n’ayant pas souhaité rempiler, deux nouvelles chanteuses remplacent la blonde Agnetha et la brune Frida. Mais l’âme du groupe est intacte, à la double-croche près. «Nous seuls savons comment doivent sonner les instruments et comment doivent résonner les chœurs. Même si les années ont passé, nous n’avons rien oublié.» Et le public non plus. «Nous pouvons jouer devant des mormons à Salt Lake City et le lendemain au Rainbow Festival en Australie, l’engouement est général et transcende les générations.»

Un détail détonne cependant, et pas des moindres: les hits d’ABBA sont revisités en version symphonique. A Genève et Montreux, l’Orchestre de Chambre de Genève s’alliera aux musiciens nordiques pour amener du relief à ces mélodies légendaires, sous la baguette du chef Nader Abbassi. Une machine à tubes populaires qui rencontre la crème du classique, le résultat ne jure-t-il pas? Johan Stengård explique: «Non, au contraire, les arrangements ont été plutôt simples à faire. Le pianiste d’ABBA étant un fan de Beethoven, les chansons du groupe se rapprochent finalement plus des sonorités européennes du XVIIIe que du blues ou du jazz.»

Lycra et pattes d’ef

Reste qu’ABBA semblerait bien tristounet en robes longues et queues-de-pie. C’est aussi l’avis d’Owe Sandström, l’homme à qui l’on doit tous les costumes d’ABBA et qui a tenu à rhabiller les artistes pour l’occasion. On assistera donc à un défilement d’ensembles en lycra, de patte d’ef et de jupettes façon boule à facettes dont la plupart sont des copies exactes des originaux. Pas moins de huit changements express et de 30 tubes planétaires pour un show aussi mythique que kaléidoscopique.

Infos: «ABBA Symphonique», ve 8 au Victoria Hall de Genève (complet), puis sa 9 à l’Auditorium Stravinski de Montreux. www.locg.ch

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