Le président du plus grand festival de Suisse l’assure, Paléo «n’est pas à vendre». A la veille de la 42e édition du festival, Daniel Rossellat a insisté sur l’indépendance de la manifestation. Il a été interrogé sur le sujet en raison de l’achat récent du festival de Frauenfeld par le géant américain Live Nation.

Interrogé au terme de la conférence de presse, Daniel Rossellat s’est montré catégorique. «Paléo n’est pas à vendre, aucune chance». Le créateur et patron du festival a souligné qu’il n’y avait pas de négociation. «On ne nous a pas approchés et ce n’est pas un appel», a-t-il ajouté devant la presse.

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Le mastodonte Live Nation

Auparavant, durant son intervention, Daniel Rossellat avait brièvement esquissé «le contexte» en pleine évolution du monde de la musique et des spectacles. La multinationale du spectacle Live Nation a acheté le festival de Frauenfeld et c’est «un géant», selon le responsable.

Live Nation ambitionne de contrôler toute la chaîne, des artistes aux concerts. Il annonce 7,5 milliards de chiffre d’affaires. Cette société compte 3300 artistes sous contrat et dispose de 255 lieux et 75 festivals, a énuméré Daniel Rossellat. «Nous sommes attentifs, mais on reste sereins», face à ces tendances, notamment en ce qui concerne la programmation.

Cité par la RTS, Daniel Rossellat veut toutefois exprimer quelques soucis: l’achat de Frauenfeld «peut nous préoccuper». «Dans d’autres pays, Live Nation est en position dominante, une situation difficile pour les festivals indépendants», ajoute-t-il.

Objectif différent

Paléo «n’a pas d’actionnaire gourmand» à satisfaire, son objectif n’est pas le profit et s’il y a des bénéfices, ils sont réinvestis dans la manifestation. Avec sa structure, Live Nation doit pratiquer des prix plus élevés autant pour les concerts que pour les à-côtés, selon le patron du festival.

Face à ces évolutions, Paléo doit cultiver «son identité très forte, sa qualité d’accueil» et tous «ces petits plus» qui font la différence. Le festivalier qui vient à Nyon trouve davantage qu’ailleurs: un village du monde, du théâtre de rue, des surprises un peu partout, avec des partenariats originaux et des objectifs en matière de mobilité douce ou de développement durable par exemple, a mis en exergue Daniel Rossellat.

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Une carte à jouer

Des sourires, une ambiance unique, des bons produits à consommer, Paléo a une carte à jouer face à l’industrie du spectacle, a-t-il encore relevé. La météo a été complice et «le terrain est magnifique» pour cette 42e édition qui démarre mardi et se terminera dimanche. «Maintenant, c’est un mélange de sérénité et de stress comme avant une finale de Wimbledon en étant favori», a commenté Daniel Rossellat, amateur de tennis et admirateur de Roger Federer.

Quelque 230 000 festivaliers sont attendus durant six jours. Complet comme d’habitude, le festival rappelle qu’il mettra en vente chaque jour 1500 billets dès 09h sur son site et dans les points de vente Ticketcorner. Aucun billet n’est vendu sur place. Les Red Hot Chilli Peppers ouvriront les feux mardi, avant d’autres têtes d’affiche comme Arcade Fire, Jamiroquai, Manu Chao ou Justice. Sans oublier les autres scènes et tous «les plus».

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