Les Berner Tanztage 2000 défraient la chronique avant même leur coup d'envoi. Par voie de communiqué de presse, TransX, un bureau d'information sur la transsexualité à Zurich, accuse la manifestation d'abuser d'un sujet sensible à des fins de marketing. Il est vrai que la 14e édition du festival, intitulée «Sexchangesex», se donne des airs provocateurs. A l'affiche, entre autres, le contre-ténor Joaquim Sabaté, qui interprète Kurt Weill en talons aiguilles; Red Hot de la Mark Sieczkarek Company, troisième volet d'une trilogie consacrée au sida; et surtout deux soirées thématiques consacrées à la transsexualité, avec vidéo, table ronde et performances.

«Oui, nous dansons sur la corde raide, admet Claudia Rosiny, responsable de la programmation. Mais TransX a tort: nous mettons l'accent sur le sexe non pour réussir un coup de pub, mais pour sensibiliser le public à un thème qui nous concerne tous.» Le mot «sexe», précise-t-elle, doit être lu dans le sens de «genre». «L'idée, au départ, était de monter un programme autour du caractère androgyne de certaines danses. Je pense à Cunningham, au butô japonais. Nous avons eu envie d'élargir le thème, de traiter également des deux sexes, des clichés et des rôles sociaux qui en résultent. Et à l'heure actuelle, il est inconcevable de parler de sexe sans évoquer le sida ou la transsexualité.»

Mais les Tanztage n'oublient pas le côté plaisant du thème, ce que TransX, en manque d'humour, leur a d'ailleurs reproché: ce soir, en guise de spectacle d'ouverture, les Norvégiens de la compagnie Jo Stromgren présentent sur scène «la danse masculine par excellence», selon Claudia Rosiny: le football. Un ballet autour du ballon rond qui rappelle des coups bas au ralenti, des embrassades et des sauts rocambolesques à la Barthez.

14es Berner Tanztage, jusqu'au 10 septembre. Rens. au 031/376 03 03 ou sur www.sexchangesex.ch