Danser avec une application tout helvétique

Technologies L’Office fédéral de la culture lance «Dance it!» pour promouvoir la chorégraphie

Les timides pirouettes de petits rats et, à contre-jour, le déhanché hip-hop d’une adolescente, la «coupole» d’un jeune adepte de breakdance dans les miroirs d’une salle de répétition et quelques pas de salsa sous la marquise d’un abribus: ces quatre moves et cent autres se rencontrent sur un réseau social tout neuf, appelé «Dance it!». En effet, pour promouvoir les lauréats du Prix suisse de la danse et la chorégraphie contemporaine en général, l’Office fédéral de la culture (OFC) a choisi de créer une application pour téléphone portable, disponible depuis l’été dernier sur Google Play et sur l’Apple Store.

«La jeunesse passe son temps à faire ça…»

La plateforme virtuelle fait penser aux réseaux sociaux Vine et Instagram: des vidéos courtes (30 secondes), des profils, des likes, des commentaires et la géolocalisation des publications; «un outil dans le vent», résume Béatrice Antille, directrice de Sun Star Dance, une école de danse de La Chaux-de-Fonds. Si la professeure ne se saisira pas de son téléphone portable pour filmer ses chorégraphies et les publier en ligne, elle ne doute pas du succès que «Dance it!» rencontrera auprès de ses étudiants: «La jeunesse actuelle aime partager. Elle passe son temps à faire ça…»

Ces ondulations rythmées s’invitent d’ailleurs déjà sur les réseaux sociaux et sur les plateformes de partage de vidéos, mais aucun site ne leur est spécifiquement dédié. «Le but était de créer une plateforme pour que les danseurs puissent se rencontrer et s’inspirer les uns des autres», explique le Genevois Jean-Pierre Kazemi, concepteur de l’application avec sa société Public Image, active dans «l’intersection des technologies émergentes et de la vie de tous les jours». Le développement de «Dance it!» a été confié à Atipik, une entreprise carougeoise spécialisée dans l’élaboration d’applications mobiles. L’ensemble du projet aura coûté 75 000 francs, auxquels s’ajouteront 5000 francs annuels pour les frais de maintenance.

«Promouvoir l’école», mais aussi «faire plaisirs aux élèves, à leurs parents, leurs amis»: les avantages de cette application sont multiples et c’est la raison pour laquelle Paulo Silva, cofondateur de l’école neuchâteloise de «danses urbaines» Groove, prévoit d’y publier régulièrement. Il espère, comme Béatrice Antille, que cette plateforme devienne une vitrine des danseurs suisses et, pourquoi pas, qu’elle les fédère en communauté.