«Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer» (1985)

«Flou. Je ne vois presque plus rien. Je me suis enfermé depuis trois jours avec une caisse de bière Molson, trois bouteilles de vin, deux boîtes de spaghettis Ronzoni, cinq livres de pommes de terre et cette maudite Remington. J’ai affiché en bas, près de la sonnerie, un avertissement on ne peut plus clair: «Ne dérangez pas le grand écrivain, il est en train d’écrire son ultime chef-d’œuvre.»

«Le Cri des oiseaux fous» (2000)

«Les dieux du vaudou ne voyagent pas dans le Nord. Ces dieux sont trop frileux. Je serai donc seul pour affronter ce nouveau monde. Comme ça, du jour au lendemain. Un univers avec ses codes, ses symboles. Une ville nouvelle à connaître par cœur. Sans guide. Ni dieu. Les dieux ne m’accompagneront pas. Au contraire, il me faut tout oublier de mes dieux, de mes monstres, de mes amis, de mes amours, de mes gloires passées, de mon éternel été, de mes fruits tropicaux, de mes cieux, de ma flore, de ma faune, de mes goûts, de mes appétits, de mes désirs, de tout ce qui a fait jusqu’à présent ma vie.»

«Cette grenade dans la main du jeune Nègre est-elle une armeou un fruit?» (2002)

«J’ai tellement rêvé de cela au cours de mes années d’errance à travers les chambres crasseuses et lumineuses de cette ville (on oublie toujours ce qui nous habite profondément) que j’ai écrit ce premier roman pour cette seule et unique raison: m’asseoir avec une jeune et belle comédienne à la terrasse d’un café, vers deux heures de n’importe quel après-midi d’été.»

«L’Enigme du retour» (2009)

«Bercé par la musique du vieux vent caraïbe je regarde la poule noire déterrer un ver de terre qui s’agite dans son bec. Je me vois ainsi dans la gueule du temps.»