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Déambulation dans la forêt, près des cavernes qui mènent à la centrale.
© Netflix

Fiction TV

«Dark», le labyrinthe forestier et nucléaire de Netflix

Le géant de la vidéo en ligne dévoile sa première série allemande, co-créée par un Suisse. Une complexe histoire de jeunes disparus et de voyage dans le temps, à l’ombre des tours de refroidissement d’une centrale nucléaire

Retour aux années 1980. Après, il y a quelques semaines, la deuxième saison de Stranger Things et plusieurs autres fictions friandes des années walkman, Netflix dévoile sa première série allemande, Dark. Ce feuilleton, qui repose sur un voyage dans le temps, s’inscrit dans la première vague de grandes productions nationales initiée par le géant américain de la vidéo en ligne, qui comprend aussi The Crown en Grande-Bretagne, Marseille en France ou 3% au Brésil.

Lire aussi: Les séries à l’heure des années 80

En Allemagne, le diffuseur a retenu un suspense au milieu des forêts, avec des tours de refroidissements et des mystères multiples. Dark commence en novembre 2019 à Winden, une petite ville enfouie dans les forêts – il en existe bien une, en Rhénanie-Palatinat, mais rien n’indique qu’il s’agit de celle-là dans la fiction. Quel que soit l’endroit où l’on se place, la cité est dominée par les deux massives tours de refroidissement de la centrale nucléaire locale. Un ado a disparu. Traumatisme dans la cité, pour une raison profonde: elle a déjà connu des disparitions de ses jeunes, notamment une, marquante, en 1986. Puis un enfant disparaît à son tour. Et il se retrouve… dans la même ville, en 1986.

Le feuilleton se situe entre 33 années

Il y a désormais deux absents à Winden – et ce n’est pas fini. Par le jeu des aventures discrètes et autres liens obscurs, quatre familles sont concernées, dont celle de la cheffe de la police. Et le feuilleton se dissocie entre ces deux époques, à 33 années d’intervalle.

Dark est due à Jantje Friese et Baran bo Odar, lequel est Suisse et a étudié à Munich. La première contrôle l’écriture, le second réalise. Le tandem s’est lancé dans une élaboration complexe, voire parfois compliquée, avec une galerie de personnages à la fois copieuse et en quatre dimensions, puisqu’il s’y ajoute le temps. Emprunt d’époque, le partage de l’écran, le bon vieux split screen, permet d’accoler certains personnages dans leurs incarnations des deux époques. On peut encore citer une couche de Lost dans le complot souterrain et une indéniable tutelle de Stephen King sur l’ensemble.

Un douloureux voyage dans le temps

Dans le premier épisode, le benjamin d’une fratrie de trois fils fait un tour de magie à son père, avec une figurine qui semble bouger sous deux gobelets. Le paternel s’exclame: «Comment fais-tu ça?» Sérieux, l’enfant réplique: «Il ne faut pas se demander comment, mais quand.» C’est la synthèse de Dark: le temps se manipule, se traverse, mais il demeure moteur des destins. Il y a bien, semble-t-il, une machine à voyager dans les époques, qui se révèle petite comme une mallette, mais qui a son aspect bien d’époque XIXe, façon steampunk.

1986 était l’année de Tchernobyl. Dans le catalogue de Netflix, Dark apparaît ainsi comme l’anti-Stranger Things. Là où les sympathiques gamins bafouillants vivent leur époque avec leurs gros talkies-walkies, les protagonistes de Dark ont une blessure remontant à cette décennie-là. Elle devient le creuset du drame. Toujours à l’ombre des tours nucléaires.


Voir le reportage de Niels Ackermann: Les enfants de Tchernobyl ont bien grandi


Retrouvez nos articles sur les séries TV.

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