On dirait un champ de bataille ravagé par de violentes explosions. Mais ces monticules qui défigurent le terrain de ce paysan de Parkersburg, en Virginie-Occidentale, sont un cimetière de fortune. Sous chaque tas de gravats repose une vache que Wilbur Tennant a dû se résoudre à abattre. Au total, celui-ci a perdu près de 200 bêtes, devenues agressives, atteintes de malformations, malades. Le coupable, pour lui, ne fait aucun doute: il s’agit de la multinationale DuPont, qui rejette dans l’eau de la rivière qui jouxte sa ferme des produits polluants.

Robert Bilott est avocat. Il travaille dans un cabinet de Cincinnati, dans l’Etat voisin de l’Ohio. Mais il a grandi à Parkersburg. Sa grand-mère y vit toujours, et elle connaît Tennant. Comme mû par un devoir filial, il décide d’aller rendre visite au paysan, après l’avoir éconduit lorsqu’il était venu lui demander de l’aide à son bureau. Ce qu’il va découvrir l’effraie. On est à la fin des années 1990, et il accepte d’empoigner le dossier. DuPont ne sera finalement condamné qu’une quinzaine d’années plus tard.