En cet été 1860, Simon quitte l’école avec la bénédiction de Miss Rogers, son institutrice, après avoir redoublé quantité de fois. Le temps est venu pour lui de voler de ses propres ailes et de prouver qu’il n’est pas un moins que rien. Il apprend que si dans son Missouri, les dindes n’ont aucune valeur, à Denver, elles valent dix fois plus. Miss Rogers lui prête la somme qui lui permet d’acquérir 1000 têtes qu’il va convoyer sur 1000 kilomètres, en compagnie d’un charretier alcoolique. Le jeune garçon au grand cœur acceptera que se joignent à eux deux jeunes filles, l’une ancienne esclave, l’autre orpheline. Mais d’autres rencontres s’avéreront moins agréables lors de ce voyage qui ne sera pas de tout repos.

La Longue Marche des dindes est un classique de la littérature jeunesse. La Genevoise Léonie Bischoff, lauréate du Prix du meilleur album suisse en 2021 pour sa BD Anaïs Nin, livre ici une adaptation très touchante du périple de Simon. Sa mise en images dynamique et dans des teintes de sable et de poussière renforce le côté western. D’ailleurs, il s’y croise même des Indiens. On rit, on frémit, on aime. Plus tard, on lirait bien le roman.

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Cirque ambulant

Par une nuit de tempête, un bateau se fracasse sur les rochers. Le gardien du phare, unijambiste et colérique, n’avait pas allumé le fanal car Loupiote, sa fille, avait oublié d’acheter des allumettes. Avec pour seul bagage un maigre balluchon, elle se voit contrainte de quitter son foyer pour aller travailler et rembourser la dette chez un amiral propriétaire du bateau échoué. La Maison Noire porte bien son nom, triste à souhait et habitée par des mystères et des êtres sombres, dont le fils du maître qui est, dit-on, un monstre. L’amiral, lui, ne vient que rarement, et c’est tant mieux tant il est craint.

Dès les premières pages de La Fille du phare, le lecteur est pris dans les embruns et par le vent qui parle à la gentille Loupiote; il se laisse entraîner dans cette aventure qui s’apparente à un conte. Toute une galerie de personnages défile sous nos yeux, de la sirène aux pirates, en passant par les monstres d’un misérable cirque ambulant. Face à l’adversité, notre Loupiote fera preuve d’un grand courage. Elle y gagnera des amis et retrouvera son père, adouci.

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Bande dessinée

Léonie Bischoff (d’après le roman de Kathleen Karr)

La Longue Marche des dindes

Rue de Sèvres

Dès 11-12 ans

Roman

Annet Schaap

La Fille du phare

L’école des loisirs (Médium)

Dès 11-12 ans