Aucun artiste dans l’histoire du rock n’a poussé aussi loin que David Bowie les relations entre créations musicales et arts visuels. En construisant sa carrière sur de multiples métamorphoses, le chanteur anglais n’a cessé de nourrir ses chansons d’artefacts – costumes, vidéos, peintures, photos, maquillages, scénographies... – puisés aux sources avant-gardistes de la mode et des arts. On mesure dès lors l’intérêt que pourra avoir l’exposition David Bowie Is que le Victoria & Albert Museum de Londres consacrera à l’extraterrestre pop, du 23 mars au 11 août.

D’autant que l’artiste aux mille visages a donné accès à une collection personnelle d’objets, archivés depuis six décennies. De la veste peinte de rayures alors qu’il n’était encore que collégien aux platform boots en vinyle rouge de Ziggy Stardust, des robes pionnières des ambiguïtés sexuelles au costume extravagant du Pierrot d’Ashes to Ashes en passant par des peintures, dessins ou manuscrits de chansons, cette profusion de matériaux et de documents devrait permettre de cerner le parcours et la personnalité kaléidoscopique de cette icône.