Une fois n’est pas coutume, commençons par la fin. Abordons La vie joue avec moi par les remerciements. L’écrivain israélien David Grossman nous y apprend qu’il s’est inspiré d’une histoire vraie, celle de la Yougoslave Eva Panić Nahir, avec laquelle il s’est lié d’amitié. Cette femme remarquable, au courage presque surhumain, a connu les horreurs de l’île-prison de Goli Otok, l’un des goulags de Tito. Elle souhaitait qu’il raconte sa vie et celle de sa fille Tiana Wages.

Les deux femmes ont laissé à l’auteur l’entière liberté de se l’approprier et «de l’inventer comme elle ne fut jamais». Une entreprise complexe dont le résultat s’avère à la fois magique et bouleversant. Un roman sur la fulgurance de l’amour et sur le poison sournois des secrets trop longtemps enfouis, qui presque effraie par sa justesse et sa densité.