David Streiff, directeur de l'Office fédéral de la culture: «Certaines des propositions de l'ASIP me semblent exagérées. La violence de quelques reproches m'a étonné, et laissé perplexe. Nous prenons actuellement en considération certaines des propositions de l'ASIP. Nous sommes en train de retravailler notre projet pour tenter de répondre, dans la mesure du possible, aux attentes de chacun. Nous voulons créer une institution centrale, certainement pas centralisatrice! Si chacun s'obstine dans ses positions, tout le monde sera perdant, la photographie la première. Cela dit, la période des grandes divergences est à mon avis terminée: nous allons, j'en suis sûr, trouver un terrain d'entente. Notre projet pourra ainsi accomplir un pas en avant, être plus complet, plus convaincant, plus apte à fournir des aides concrètes aux institutions de l'ASIP et à la Fondation.

» Il est certain que ce débat s'inscrit dans le cadre de l'article constitutionnel sur la culture, désormais entré en vigueur. A cet égard, la photographie peut servir de modèle. Il est dès lors important de mener à bien ce projet. Enfin, je n'accepte pas le reproche selon lequel j'aurais une éventuelle dette envers la Fondation suisse pour la photographie, que j'ai dirigée entre 1991 et 1993. Au contraire, c'est bien cet aspect précis de ma biographie, donc mon intérêt pour la photographie, qui m'encourage à vouloir doter la photo de structures solides.»

Peter Pfrunder, directeur de la Fondation suisse pour la photographie: «Il s'agit de créer un centre de services, axé sur le partenariat, non de fonder un pouvoir autoritaire. Il faut comprendre qu'une telle structure pourra donner davantage de moyens, de compétences et de personnel à tout le monde, et non pas à un seul acteur qui serait notre Fondation. Il ne s'agira jamais de vouloir arracher des collections aux musées suisses pour les amener à Zurich! Cette peur de la centralisation est un malentendu. Pour l'heure, notre structure n'a même pas les moyens d'accueillir des collections de photographies qui sont sous la responsabilité de la Confédération, mais qui sont éparpillées dans plusieurs institutions fédérales, faute de mieux…»

Propos recueillis par L. D.