«Je ne prémédite rien, je préfère les accidents. Il faut croquer la vie, on n'est là que pour peu de temps.» Et disant cela, il éclate de rire, David Walters, moins par ironie que par nature. Le résident marseillais peut bien surtout se voir comme un «type chanceux», nous on l’observe d’abord comme ce garçon solaire qui, pour faire confiance au courant, entreprend beaucoup et réussit souvent. Seul en scène à ses débuts quand se découvrait Awa («non» en créole, 2006), premier beau disque d’artisan, ou bien aux commandes de la série Les Nouveaux Explorateurs sur Canal+, qu’il a animée durant cinq ans, le chanteur martiniquais possède cette grâce, cette lumière particulière dans laquelle baigne son Soleil kréyol, album brut et brillant.

Pour dire les mérites du bonhomme, on peut convoquer cet épisode. Alors qu’une foule compacte s’était rassemblée au Montreux Jazz Café où était retransmise la finale de la Coupe du monde de football 2006, lui se produisait entouré d’un bric-à-brac fait de samplers et de pédaliers au Miles Davis Hall. Entre les uns filant pour jeter un œil au score et les autres débarquant pour conter le coup de chaud de Zidane, drôle d’ambiance. Sauf qu’il en fallait plus pour dérouter cet ex-athlète rompu aux concerts de rue. Alors il appliqua un plan simple. «Jouer, au sens de s’amuser, comme il dit. Adapter mes titres à l’instant, prendre du plaisir à le faire et m’appliquer à en donner.»