«Un jour viendra où les hommes, moins occupés des besoins de leur vie matérielle, réapprendront à lire», écrivait Jack London dans La Peste écarlate, en 1912. Avant nous, des auteurs ont pensé et vécu des épidémies; les lire aide à mettre en perspective notre époque troublée.

A la fin du Moyen Age, le premier de ces livres phares est probablement Le Décaméron de Boccace, rédigé entre 1349 et 1353, d’une puissance narrative, d’une inventivité et d’une richesse rarement égalées. Nous sommes en 1348 et la peste fait rage à Florence. Le Décaméron imagine que des jeunes gens s’isolent en quarantaine à la campagne et se racontent des histoires pour se guérir de l’angoisse.