Dans sa diffusion TV classique, France 2 a enchaîné avec la deuxième saison de Mr Robot, après la première. Idée judicieuse, qui permet d’étoffer d’emblée le corpus, d’’essayer de voir où se dirige la série la plus applaudie de l’année, jusqu’ici. Selon le point de vue, cela permet aussi de mesurer la déception.

On reste coi devant l’accumulation d’éloges que cette série a reçus dans son pays, puis ailleurs, et de constater la faiblesse de ce qu’elle développe. En quoi cette piètre saga tirée par tous les cheveux offre-t-elle une image pertinente des temps modernes?

Des pistes multiples, et vaines

L’argument de départ, et central, est l’histoire d’Elliot, brillant hacker et jeune New-Yorkais peu sociable. Il est contacté par un homme qui lui propose de changer d’échelle dans ses agissements informatiques. Attaquer les grands méchants, changer le monde, etc. Au reste, Elliot frise la schizophrénie, et les embûches personnelles s’accumulent. Vaine piste d’une petite amie, long détour pour une affaire paternelle, sinuosités intimes et diverses, Mr Robot s’est enlisée dans des travers psychologisants qui neutralisent son intérêt.

Mr Robot repose sur l’extraordinaire interprétation de Rami Malek en Elliot. Mais cette excellence se trouve mise au service de scénarios qui patinent, qui perdent leur propre direction. On en vient à souhaiter une brusque et puissante inflation de la place de la théorie du complot dans cette série. Après tout, la manipulation des technologies contre les méchants multinationaux est censée constituer le cœur du projet.

Retourner à Person of Interest...

Dans son sentimentalisme benêt et retors, Mr Robot s’éloigne de sa promesse initiale, une plongée animée dans un univers geek, une variation sur le complotisme globalisé. Sur ce dernier point, peut-être vaut-il mieux revisiter Person of Interest. Elle est moins sémillante que Mr Robot, moins brillamment indépendante, mais peut-être, au fond, se montre-t-elle plus convaincante et plus cohérente.


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