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En 1982, un décret a obligé l’emploi du mot «arrêt» à la place de «stop» sur les panneaux routiers. Mais le mot «stop» est tout aussi français. Aussi y a-t-il eu une longue controverse politique, surréaliste, sur cette question.
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Le français en (r)évolution (2/5)

La défense de la langue au Québec, un devoir moral malgré tout

La Belle Province est souvent citée pour son exemplaire protection de la francophonie. Les lois y sont pour beaucoup, mais le combat, qui passe par l’éducation, n’est toujours pas terminé plus d’un demi-siècle après la Révolution tranquille

La francophonie est en recul un peu partout dans le monde, sauf en Afrique. Cette (r) évolution est en partie due à l’avènement de la société numérique, globalement très anglicisée.

Du 13 au 17 août, Le Temps part en reportage en France, à Québec, à Bruxelles, en Nouvelle-Calédonie et à Bucarest pour sentir battre le pouls de la langue française.

Lire ici le précédent épisode: A Villers-Cotterêts, le roman du français conquérant

«C’est clair que les jeunes Québécois «forwardent des mails». Et presque personne ne dit «égoportrait» à la place de «selfie». Le souci de la qualité du français, même si c’est un devoir d’exemplarité pour la sphère publique, demeure à géométrie variable dans la sphère privée.» Dans l'une des rares enseignes anglophones nichée le long de l’interminable boulevard Laurier qui sort de Québec par le sud-ouest, Simon Boivin (photo), 42 ans, qui a été correspondant parlementaire à l’Assemblée nationale de Québec pour le quotidien Le Soleil quatorze ans durant, dit avoir suivi quantité de débats sur le sujet.

Lire aussi: Selon Dominique Anglade, ministre de l’Economie du Québec, «quand un journal disparaît, qui perd? La population!» 

Selon lui, «le Québec s’est toujours préoccupé de l’immigration francophone. Il y a un souci réel de préservation de la langue française, particulièrement dans un contexte de chute du poids démographique du Québec. A Montréal, plusieurs s’inquiètent d’une anglicisation rapide de la ville.» Tout comme le Canada en général, puisque la ministre fédérale du Patrimoine, Mélanie Joly (photo), confiait encore récemment à TV5Monde que le pays voulait «accueillir plus de migrants francophones et attirer plus de professeurs de français». Et travailler avec l’Unesco pour que «la Convention sur la diversité culturelle puisse aussi être respectée sur les plateformes numériques, qui sont surtout américaines».

La Coalition avenir Québec, née en 2012 au centre droit, a par exemple fait sa clientèle sur la problématique de la francophonie – entre autres –, soucieuse qu’elle est des questions d’une identité partagée par 80% de la population. Est-elle pour autant «alarmiste»? Le français serait-il en danger au Québec, qu’on cite souvent pour son comportement exemplaire? «La Loi 101, qui ancre la préséance francophone dans la Belle Province, déplaît à certains francophones, qui souhaiteraient pouvoir envoyer leurs enfants à l’école anglaise. Car depuis un demi-siècle au moins, au-delà de l’enjeu réel, la langue constitue un outil politique, voire une arme de bataille. Le sujet est certes devenu moins polarisant, mais il reste important. Je parlerais de «priorité secondaire».

Voilà pourquoi, peut-être, sur la carte de visite de Marie-Hélène Raymond (photo), la directrice du marketing et des communications du Musée national des beaux-arts de Québec, il est maintenant écrit: «Edimestre». On connaissait «webmestre» – programmeur d’un site web – mais «édimestre»? Un joli mot, proposé par l’Office québécois de la langue française (OLF) pour désigner ses fonctions de rédactrice, d’éditrice de contenu et de gestion des réseaux sociaux, en sus d’un tout nouveau titre qui vient de lui être dévolu: «coordinatrice de la stratégie numérique». A 38 ans, elle doit faire rayonner l’institution sur internet, avec un budget spécifique depuis trois ans. Depuis 2017, de l’argent est d’ailleurs aussi alloué aux entreprises privées, pour les aider à faire face au tsunami de la société 4.0.

Lire aussi: les articles plus récents du «Temps» sur le Québec

L’OLF, depuis sa création en 1961, s’efforce de s’aligner le plus possible sur «le français de Paris». Souvent perçu comme une sorte de police de la langue, il n’a longtemps admis qu’une légère déviation d’accent par rapport à la prononciation standard et accordé droit de cité aux seuls régionalismes de «bon aloi». Mais au plan morphologique et syntaxique, l’alignement doit être total, avec une plus grande souplesse, acquise au fil des ans, pour les anglicismes admis. Sa plus grande réussite, même au plan international, est d’avoir su imposer «courriel» et «pourriel».

Parfois, un mot-clic en anglais

«Comme société d’Etat, insiste Marie-Hélène Raymond, on se doit d’utiliser le français et de franciser un certain nombre de termes. On fait vraiment attention à cela, car si l’on se laisse aller, on va peut-être perdre notre français. Il faut être prudent, ça fait partie de l’ADN de notre société québécoise.» Dans la part de son job consacrée à la gestion des communautés web du musée, elle utilise pourtant parfois des mots-clics en anglais, pour augmenter les chances de «découvrabilité»: «C’est parfois un peu incongru, comme lors de l’événement annuel sur Twitter #AskACurator. «#DemandezAUnConservateur», ça ne fonctionnerait pas.»

Cela dit, «les vingtenaires utilisent beaucoup l’anglais». Particulièrement sur Instagram, sans doute parce que c’est «plus cool quand on est adolescent». Pour les adultes, corriger cela, c’est un réflexe, qui s’applique essentiellement à l’écrit. Derrière les portes, les gens font ce qu’ils veulent. On peut dire «dancefloor», mais on va écrire «piste de danse». C’est intrinsèque, comme une autodiscipline, ça vient tout seul, par l’éducation. C’est vraiment ancré et ça doit être respecté. Même s’il faut bien admettre que les enseignants des écoles francophones doivent composer avec le divorce entre leur langue normative et celle utilisée par certains écrivains québécois figurant au programme.

Et arrivent «Les Incroyable»!

De manière générale, on peut s’étonner du fait qu’un Etat non souverain protège ainsi une langue régionale aux dépens d’une autre, majoritaire au plan national. Mais si le Québec a pu le faire, c’est que la Constitution canadienne n’a longtemps rien dit du pouvoir des provinces en la matière. Il a tiré profit de la situation en renversant une situation jugée anormale où la minorité anglophone l’emportait sur la majorité francophone dans la vie publique. Même si cela doit conduire à cette incongruité sur les murs de Québec à la mi-juin 2015: une affiche annonçant la sortie du film Les Incroyable 2 – soit The Incredibles 2 ou Les Indestructibles 2.

Claude Montminy (photo), 40 ans, auteur de comédies et codirecteur du Nouveau Théâtre de l’Ile d’Orléans, «depuis une dizaine d’années», dit avoir «l’impression qu’il y a le sentiment chez nous qu’on est moins des Québécois que des citoyens du monde. On voit moins l’importance d’activement protéger notre différence. De toute manière, la langue de l’envahisseur, ça a toujours existé, il faut faire avec. Si l’on me dit bonjour en anglais dans un magasin à Montréal, je réponds en français et si l’on continue à me parler en anglais, je continue à parler en français. Les vendeurs, souvent allophones, comprennent en fait beaucoup mieux qu’ils ne parlent et apprennent rapidement le vocabulaire francophone spécifique à leur activité.»

Le Journal de Montréal évoquait au début de juin un restaurant où l’on postait «à l’accueil un employé incapable de dire bonjour». Querelle avec le patron de l’établissement et encouragement «à toujours faire un esclandre lorsque ce genre de situation survient, sans quoi le problème s’aggravera». Cela ne veut pourtant pas dire que chacun doit travailler dans son coin à promouvoir sa langue.

A la Maison de la littérature, au cœur du Vieux-Québec, Dominique Lemieux (photo), 35 ans, directeur des lieux, se réjouit de faire vivre ce phare protecteur, mais son voisin est le Morrin Centre. «On collabore beaucoup avec cette très ancienne société anglophone canadienne, et aussi avec les représentants des cultures autochtones. Ce serait une erreur de ne pas s’enrichir de cette complémentarité au Québec, et ça permet d’éviter un certain communautarisme.»

Reste que pour nous, «soutenir la création et la diffusion, c’est favoriser l’identification à une culture commune. La situation linguistique demeure un sujet sensible et elle est surveillée, paramétrée, analysée par différentes organisations de défense et de protection de la langue [leur nombre est considérable au Québec], qui jouent chacune un rôle spécifique, avec un mandat assez précis.» Leur action n’est pas conservatrice, elle est citoyenne, dans une confédération de provinces où les francophones (21,3% en 2016) sont maintenant dépassés par les allophones (plus de 140 langues tierces hors l’anglais, soit 22,3%). 

Un lecteur courroucé

Antoine Tanguay et Tania Massault (photo), dans les locaux des Editions Alto, confirment ce relatif recul, eux qui viennent de se faire reprocher par courrier de «coiffer» une traduction de l’auteur canadien anglophone Nick Cutter du titre Little Heaven, alors que c’est l’endroit où se déroule le roman qui s’appelle ainsi! Où l'on voit que le choix d'un titre en anglais demeure sensible: «Cette façon de faire, écrit le courroucé, contribue hélas à appauvrir notre langue alors que comme éditeur, vous devriez vous faire une fierté de favoriser le rayonnement de la langue française.»

Le public est si vigilant «qu’on traduit TOUT, maintenant. Nous le faisons beaucoup avec les romans canadiens anglophones, mais sans les soutiens du gouvernement – et les prix littéraires pour les traducteurs – on est foutus.» Par ailleurs, le gouvernement subventionne aussi le livre électronique. «Tous les nôtres sont numérisés, affirment les deux éditeurs, même si ça représente moins de 10% de notre chiffre d’affaires.»

De ce point de vue, la bibliothèque publique demeure, selon Dominique Lemieux, l’institution culturelle qui reflète le mieux la nécessité d’une culture générale ouverte, diversifiée, accessible, constamment réinventée et largement partagée. Les budgets spécifiques pour le numérique, l’Etat est obligé de les dépenser, pour les bibliothèques précisément. «Pouvoir emprunter un livre francophone à 3000 kilomètres de distance, c’est tout de même intéressant.» Les Français y ont longtemps été rétifs, à cause des fichiers qui ne sont pas verrouillés. «Car ils avaient peur du piratage. Mais il n’y a que les best-sellers qui sont piratés!» rit Antoine Tanguay (photo).

Et au Nouveau-Brunswick?

Marie Cadieux, directrice des Editions Bouton d’or Acadie, à Moncton, au Nouveau-Brunswick, dit elle aussi que tout son catalogue était déjà numérisé en 2002. Cette province est la seule officiellement bilingue du Canada, mais la présence de l’anglais y est «tentaculaire». «Nous avons un gros problème d’insécurité linguistique, nous qu’on a longtemps nommés les «francophones hors Québec»: c’est une de nos «crottes sur le cœur». Et l’autre défi, ce sont les médias sociaux. Les jeunes n’y trouvent que peu de choses à leur appétit en français. Du coup, tous leurs référents deviennent anglais. Ou américains, via des productions comme Frozen, la Reine des neiges, qui est pourtant danoise, à la base! Ça fait mal, ça.»

Dans le même registre, c’est anecdotique, mais révélateur, un lecteur de l’éditorialiste Guy Fournier, dans Le Journal de Montréal, lui a fait récemment remarquer que «les candidats à l’émission La Voix avaient présenté cette saison plusieurs chansons en anglais». Voilà ce qui déterminera, selon lui, «les politiques culturelles du pays pour les générations à venir. Il faudrait être aveugle ou inconscient pour ne pas voir les dangers que court notre télévision francophone.»

L’incident Macron

Ce qui fait aussi mal à beaucoup de puristes, ce sont ces larges pans de la vie québécoise échappant à la législation linguistique parce qu’ils sont de la compétence fédérale, à Ottawa – les banques, les entreprises de transport et, blessure suprême, les employés au Québec des ministères fédéraux et des sociétés d’Etat gérées par le gouvernement central. Et les événements de portée internationale comme le G7? L’éditorialiste du Journal de Québec Antoine Robitaille estimait que le grand cirque de Donald Trump avait «occulté l’énorme défaite de la diplomatie locale dans le triangle Paris-Ottawa-Québec».

«Le président français Emmanuel Macron a annulé un discours qu’il devait présenter à l’Assemblée nationale», écrivait-il. Pour expliquer cela, la diplomatie française s’est rabattue sur l’argument selon lequel «il ne venait pas visiter le Québec, mais le Canada. Comme leurs élites, bien des Québécois sont maintenant convaincus que nous ne formons qu’une province.»

Sus au «chauvinisme guerrier»!

Plus généralement, dans sa «province», «une linguiste comme Anne-Marie Beaudoin-Bégin, par exemple, milite pour une langue qui n’est pas figée, qui évolue, fait place aux nouvelles réalités d’aujourd’hui. Il faut cesser de se sentir mal de parler une langue moins normative, même si celle-ci ne fait pas l’unanimité», juge Dominique Lemieux. «D’ailleurs, en refusant de parler anglais, on risque aussi de se fermer des portes», se méfie Antoine Tanguay. Il ne faut pas faire dans «le chauvinisme guerrier,  contre les Anglais, nous que les Français voient toujours comme des trappeurs avec des chemises à carreaux».

Mais ce qui l’énerve le plus, ce Québécois qui a beaucoup voyagé, c’est lorsqu’on lui envoie à la figure à Paris, pour rire, un «tabernacle!». «Quel cliché! D’abord [et là il s’emporte], on ne dit pas «tabernacle», on dit tabarnak!»


Anne-Marie Beaudoin-Bégin, l’insolente linguiste

Elle a 42 ans, mais avec une énergie et un humour juvéniles. Anne-Marie Beaudoin-Bégin est spécialisée en sociolinguistique historique du français québécois. Depuis la publication de ses deux ouvrages, La langue rapaillée, combattre l’insécurité linguistique des Québécois, et La langue affranchie, se raccommoder avec l’évolution linguistique (Ed. Somme Toute), elle porte un regard détonant sur toutes les problématiques abordées ici.

Chargée de cours à l’Université Laval, elle est également chroniqueuse à l’émission Québec réveille! de la radio alternative CKIA 88.3. Et sur Facebook, elle s’est trouvé un «avatar» passionnant, L’Insolente Linguiste, avec près de 30 000 abonnés. Elle ne tarde pas à l’être, insolente, en disant au journaliste qu’elle tutoie d’emblée, qu’«au Canada, être bilingue, ça veut dire parler anglais. Concrètement, on exige bien davantage des francophones qu’ils maîtrisent l’anglais que des anglophones qu’ils parlent le français.»

D’ailleurs, tout se complique quand on sait qu’il y a «français» et «bon français», selon elle. «Dans la génération de mes parents, il existait un système de punition pour les élèves qui utilisaient des mots qui n’étaient pas attestés en France. Et même maintenant, le réflexe demeure avec les jeunes qu’on assomme de «Faut pô dire ça, c’est pô l’bon mot». On dit «taille-crayon» et pas «aiguise-crayon», par exemple.» Pour la linguiste, «historiquement, l’anglais est perçu comme la langue du Gros Méchant, ce qui fait que spontanément, on dit «magasiner» et pas «faire du shopping». C’est le fruit de la loi 101, sans laquelle «le français aurait peut-être disparu ou se serait complètement étiolé».

«Y a pas le feu au bâtiment»

Anne-Marie Beaudoin-Bégin a une thèse, qu’elle défend bec et ongles: «Pour qu’une langue se maintienne, il faut que les gens aient envie de la parler. Y a pas le feu au bâtiment, mais j’ai tout de même entendu des jeunes se dire fatigués de toujours se faire corriger leurs anglicismes.» Sans compter les réseaux sociaux, où des «puristes» passent leur temps à reprendre le langage des internautes. «Vous savez, les Européens ont toujours l’impression qu’on en utilise moins qu’eux, d’anglicismes, mais c’est faux: on en dit quand même dans la vie privée.»

Dans le fond, ce combat politique est devenu moral. «Se défendre contre les anglicismes, c’est se défendre contre les Anglais, contre les propriétaires de l’actuelle lingua franca. Mais on ne peut pas systématiquement corriger toutes les reliques, on ne vit pas dans un régime totalitaire! Il y a des gens pour penser qu’on devrait totalement y renoncer, aux anglicismes. Je leur dis: «Bon, OK, on fait comment? Quel est ton plan?» Et puis les anglophones, qu’est-ce qu’on fait avec eux, on les fout dehors?»

Une question d’attitude

«Si les jeunes Québécois parlent aujourd’hui un meilleur anglais qu’il y a cinquante ans, c’est parce que leurs profs sont meilleurs, mais ce n’est pas pour autant inquiétant pour l’avenir de la langue française.» De toute manière, dit-elle, «la protection d’une langue, ça se fait à l’extérieur de la langue. D’ailleurs, il y a pas mal de gens qui ont mal perçu la Loi 101 parce qu’ils trouvaient qu’elle intervenait sur leurs droits, qu’il était discriminatoire, par exemple, d’être obligé d’envoyer ses enfants à l’école francophone si on l’est.»

Bref, pour cette linguiste un peu à contre-courant, il faut admettre que Montréal est devenue bilingue, point. Que Kinshasa est déjà devenue la plus grande ville francophone, point. Que 85% de la population de langue française se trouvera en Afrique en 2050, point final. «Les questions de langue, c’est une question d’attitude, c’est pour cela que je fais de la sociolinguistique.» Et de continuer à manier ces paradoxes qu’elle adore: «Les problèmes linguistiques n’ont rien à voir avec la langue. Le fait de penser que sa langue est en danger la met plus en danger à partir du moment où ce sentiment est partagé par tous. Mais on oublie toujours ceci: «Ce n’est pas parce qu’une langue emprunte à une autre qu’elle devient cette langue.»


Les deux textes fondamentaux

La politique linguistique québécoise, orientée sur la protection et la promotion du français, est le fruit d’un long processus, entamé il y a plus de quarante ans. L’objectif? Donner à la langue de Molière un statut de langue commune, servant naturellement de moyen de communication publique entre les Québécois de toute langue et de toute origine. Elle repose principalement sur:

– la Charte des droits et libertés de la personne, loi dite «quasi constitutionnelle» adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale du Québec (photo ci-dessous) le 27 juin 1975. Elle reconnaît que tous les individus sont égaux en valeur et en dignité. Avec pour objectif d’harmoniser les rapports des citoyens entre eux et avec leurs institutions, elle s’applique tant aux activités de l’Etat qu’aux rapports de droit privé. Elle a été «chapeautée» par un texte fédéral en vue d’unifier les Canadiens autour d’un ensemble de valeurs et mise en vigueur en 1982 sous le règne du premier ministre Pierre Elliott Trudeau – père de Justin;

– et la Charte de la langue française, dite Loi 101, adoptée par l’Assemblée nationale le 26 août 1977, dans la foulée de la victoire électorale du Parti québécois neuf mois plus tôt. Le gouvernement de René Lévesque, héritier des réformes adoptées par la Révolution tranquille, a perfectionné cet outil législatif qui a complètement modifié les règles du jeu entre l’anglais et le français, à un moment où était encore très présente dans les esprits la question du joual, cette variété de langue caractéristique du milieu populaire montréalais, très affectée par son contact avec l’anglais. C’est ainsi qu’avait été établie une préséance pour le français après une longue période de domination de l’anglais dans les institutions et sur le marché de l’emploi, longtemps discriminatoires.

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