Cinéma

«Demain tout commence», gloubi-boulga de bons sentiments

Omar Sy ne ménage pas sa peine mais son grand rire communicatif a des limites. Son talent est impuissant à conjurer un ratage sans appel de cette comédie sentimentale

Dans la famille Gélin, Hugo est le petit-fils. Il a les comédiens Daniel Gélin et Danièle Delorme pour grands-parents, le producteur Xavier Gélin pour père et, en guise d’oncles et de tantes, Manuel Gélin, Fiona Gélin et la regrettée Maria Schneider. C’est sans surprise qu’il fait carrière dans le cinéma, courts métrages, making of, pubs, production, avant de réaliser un premier long-métrage, «Comme des frères», une panouille autour de la figure de la femme absente. Avec «Demain tout commence», le fils de, petit-fils de et neveu de confirme son absence de talent.

Plagiste dans le sud de la France, Samuel (Omar Sy) fait la fête tout l’été. Une fille lui joue «A nous les petites Anglaises, saison 2» en lui collant dans les bras l’enfant issu d’un coup d’une nuit douze mois plus tôt et prend la tangente. Samuel saute dans le premier avion pour Londres avec l’idée de rendre l’encombrant fardeau à sa mère. Mais Londres est une grande ville et Samuel n’a besoin que de quelques heures pour se retrouver paumé et sans un sou.

Au pays des jouets

La chance lui sourit toutefois car il tombe sur Bernie, un producteur français qui a fait fortune en Angleterre. Cet homosexuel hyperactif, dragueur invétéré (mais qui ne consomme jamais, attention à ne pas devenir scabreux) accueille sous son toit les deux SDF. Il engage Samuel comme cascadeur et, au sein de cette famille recomposée, la petite Gloria grandit telle une princesse au pays des jouets. Bien sûr, elle aimerait connaître sa mère, mais ce n’est pas possible, car c’est une agente secrète en mission aux quatre coins de la terre, selon les fables que brode le père.

«Demain tout commence» est un invraisemblable gloubi-boulga de bons sentiments et de puérilité, relevé d’une morale du dépassement de soi et tempéré par un virage oiseux vers le mélodrame. Faute de rythme, chaque gag tombe à plat et Omar Sy rame comme un beau diable pour faire éviter le naufrage. Mais son grand rire communicatif et sa gestuelle acrobatique ont leurs limites. Le titre bêtement optimiste laisse entendre qu’un vrai film pourrait démarrer après le générique de fin.


«Demain tout commence», d’Hugo Gélin (France, 2016), avec Omar Sy, Gloria Colston, Antoine Bertrand, Clémence Poésy, Clémentine Célarié, 1h58

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