Musique

Que demande le Jazz au Peuple

Prangins accueille la quatrième édition d’un festival proposant un tour saisissant de la scène suisse

Un jeune festival est une école de la distinction. Prenez Jazz au Peuple, à Prangins, dont la quatrième édition a lieu vendredi et samedi: dans la masse des manifestations vouées aux musiques improvisées et aux dérivés du blues, elle creuse son petit sillon précieux, son identité claire. Deux jours seulement, deux lieux (le Temple et le Vieux Pressoir), une gratuité revendiquée (d’où le nom-manifeste du festival) et un exploratoire vivant de la scène suisse telle qu’elle s’offre à cet instant précis.

C’est que la programmation est assurée par une jeune musicologue qui traque les musiciens et leurs projets évolutifs, Kate Espasandin; elle œuvre aussi au Cully Jazz Festival et pour la série de résidences Live in Vevey, qui reprend le 24 octobre avec une carte blanche à la chanteuse Susanne Abbuehl. Curieuse et fidèle, Kate Espasandin assume donc à Prangins son goût des jazz de chambre, climatiques et possédés par les timbres.

Sans prétention

Ainsi, cette année, de puissantes voix suisses du label allemand ECM: outre Susanne Abbuehl avec le bugliste Matthieu Michel, l’extraordinaire saxophoniste genevois Nicolas Masson dont le récent album est une leçon de tension poétique, mais aussi Nik Bärtsch qui raffole aussi des musiques introspectives. Par ailleurs, on se précipitera pour découvrir le guitariste Manuel Troller et le trio du bassiste Patrice Moret, du batteur Lionel Friedli et du saxophoniste Ganesh Geymeier.

Dans ce tour vibrant des scènes romande et alémanique, on ira volontiers entendre aussi Ganesh et Nicolas Masson évoquer leur passion commune, la photographie, et comment s’opèrent les images qui dansent à travers leurs sons. Et finalement, sans prétention excessive, ce petit festival commence à s’imposer.


Jazz au Peuple. Prangins (VD). Ve 7 et sa 8 septembre.

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