Faut voir

Démaquillez-moi

Entendre sa fille réclamer davantage de poupées que de voitures ou camions est un exercice difficile pour certaines mamans, dont je fais partie. D’autant que j’en ai acheté, des voitures et des boîtes à outils! D’abord adulées, elles sont tombées en disgrâce face à l’assaut conformiste des copines de crèche, des grands-mères, des autres. Il faut donc élever une cohorte de Barbie, Monster High ou Bratz. Pire, la plupart de ces figurines sont maquillées comme des camions volés (le lien est fait) et vêtues comme des entraîneuses brésiliennes. Jusqu’à Sonia Singh. Fin 2014, cette Tasmanienne, ayant perdu son emploi de vulgarisatrice scientifique, entreprend de leur redonner figure humaine.

Armée d’un coton et d’un petit pot de démaquillant, elle gomme les yeux de biche surdimensionnés, les sourcils crayonnés, la bouche ultra-collagénisée. Puis redessine des traits sans outrance, troque les turquoises, violets et fuchsias pour des teintes plus naturelles. Sa mère, enfin, tricote et coud des vêtements normaux, marinière ou short en jeans. La métamorphose est sidérante, un peu comme si Lolo Ferrari devenait Scarlett Johansson. Un relooking façon M6 à l’envers; des bimbos en talons-aiguilles qui se muent en jeunes filles jolies et bien dans leurs baskets. De possibles modèles. Sonia Singh a posté les portraits de quelques-unes de ses Bratz 2.0 sur sa page Facebook. Depuis, l’histoire fait le tour du monde, un site internet a vu le jour (http://treechangedolls.tumblr.com) et des parents la supplient de produire ses poupées à la chaîne. Un esclavagisme contre un autre.