Sur le générique de fin défile un «best of» des répliques du film. Les deux dernières: «Pourquoi tous les hommes que j’aime partent-ils?» et «On peut toujours rêver!» Rêvons donc un peu. Cela donne la sexagénaire Gabrielle, brocanteuse qui apprend le même jour qu’elle est expulsée de son magasin et qu’elle va devenir grand-mère. Alors que ses amis et sa fille lui conseillent de goûter enfin aux plaisirs tranquilles de la retraite, elle se rebelle et se jette à corps perdu dans une aventure amoureuse avec Fred, un jeune homme de 25 ans d’origine portugaise et vaguement artiste.

Un couple jamais crédible

Le quatrième film de fiction de la Genevoise Patricia Plattner aborde un sujet plutôt osé: le refus de l’âge et l’amour hors de toutes les conventions sociales. Hélas, faute de réalisme, de chair et d’un peu de cruauté, on n’y croit guère. Au lieu d’une belle fable post-féministe, la cinéaste ne livre qu’une sorte de bluette nostalgique qui préfère s’illusionner elle-même.

En effet, la gouaille de Bernadette Lafont et la beauté canaille de Pio Marmaï ne se marient jamais dans une Genève étrangement désuète, baignée de lumière automnale. Du coup, on prend plus plaisir à reconnaître les lieux de tournage qu’à cette histoire cousue de fil blanc qui confirme surtout l’horizon de midinette de l’auteur de Piano Panier et Les Petites Couleurs.

Malgré tout, on pourra ici être touché par une forme de sincérité, qui laisse affleurer une idée sous-jacente peu avouable mais très vraie: le cinéma comme substitut affectif, après toutes les déceptions amoureuses.

Bazar, de Patricia Plattner (Suisse/France 2009), avec Bernadette Lafont, Pio Marmaï, Lou Doillon, Jean-Paul Wenzel, Alexandra Stewart, Sacha Bourdo, Grégoire Oestermann, Vimala Pons. 1h48.