Le bûcher de l’Amérique. Les pieds déjà en enfer, au fond de la trappe, le magnifique Michel Vuillermoz s’arrache au gouffre pour fulminer encore. A la Comédie-Française, on essuie, admiratif, la fureur du patriarche. L’acteur incarne Roy Cohn, avocat tout-puissant, parangon du conservatisme, héritier du maccarthysme. Son personnage honnissait la bohème gay, «cette racaille». Et il agonise, là sous vos yeux, laminé par le sida et sa duplicité.

Chant des ruines. Et vision apocalyptique dans cet Angels in America, saga à tombeau ouvert de Tony Kushner qui ne cesse de ressusciter, en Suisse romande d’abord grâce au chorégraphe Philippe Saire, à Paris à présent à travers les yeux du cinéaste Arnaud Desplechin.