Léger et imprévisible comme plume au vent, l'auteur précise en sous-titre qu'il entend traiter, dans ces petites chroniques dilettantes et disparates, à la longueur variable, «du temps et de la vitesse, des îles et du bonheur, du sport et de la mélancolie… mais aussi des chats, des tortues et des Chinois». Programme rempli à la lettre par ce professeur de tennis cultivé, qui prend tout son temps pour parler des choses qu'il aime et qui peuvent sembler mineures ou futiles: sa rencontre avec un amateur anglais de cerf-volant, ses relations avec son chat, la folie ventriloque de sa grand-mère, une visite dans un musée bruxellois, sans oublier le très savoureux portrait de quelques tueurs de temps monomaniaques (joueurs de billard ou d'échecs) ou d'un ex-futur champion de tennis obsédé par la technique. Mais peut-être le plus suggestif de cette trentaine de textes est-il celui qui s'intitule «Petite Confrérie d'âmes sensibles», parce qu'il contient, à propos de Maupassant et d'Isaac Babel, une très jolie définition de la littérature «s'efforçant de faire passer d'âme en âme, au long du temps, la petite flamme-veilleuse de la conscience et dans un dessein somme toute mystérieux….»