Il y a deux ans à Arles, lorsqu’il nous avait raconté sa riche carrière, Dennis Stock ne perdait pas de vue sa dernière acquisition: un petit compact numérique Ricoh. Même affaibli par l’âge, le grand photographe américain gardait une passion entière pour son art. Comme il conservait son statut de pilier de l’agence Magnum. Il y était entré en 1951, grâce à Robert Capa. Dennis Stock est décédé lundi à l’âge de 81 ans.

Cet élégant Américain d’origine suisse aimait prendre son temps pour réaliser ses reportages. «Les bonnes images, celles qui captivent le regard et ne vous lâchent plus, ne s’obtiennent qu’au prix de beaucoup de temps et de patience», nous disait-il à Arles. Son sujet sur l’arrivée des immigrants à New York, sa ville natale, lui a servi de sésame pour entrer à Magnum.

C’est aussi de cette manière qu’il a documenté la contre-culture des années 1960. Mais ce sont les deux mois qu’il a passé auprès de James Dean pendant l’hiver 1954-1955 qui ont assuré la notoriété mondiale de Dennis Stock. Il avait suivi l’acteur à New York (la fameuse photo de James Dean marchant sous la pluie, c’est lui) et dans l’Indiana. Ils étaient devenus amis. Un matin de septembre 1955, Dean avait invité Stock à l’accompagner à une course automobile en Californie. Pris d’un étrange pressentiment, le photographe avait décliné l’invitation. Peu après, sur la route de Salinas, James Dean se tuait en voiture.