Julia Deck

«Au départ, je voulais écrire «Crime et Châtiment» à l’envers»

Dans «Viviane Elisabeth Fauville» (Minuit), Julia Deck, née en 1974, fait le récit de la folie drolatique et troublante d’une femme en rupture dans Paris

Dans «Viviane Elisabeth Fauville» (Minuit), Julia Deck, née en 1974, fait le récit de la folie drolatique et troublante d’une femme en rupture dans Paris. Son bébé dans les bras, étrangère à elle-même, encombrée de souvenirs de couple, de mère, de travail qui lui semblent lointains, elle apparaît alors qu’elle vient de commettre un crime. Elle vient de tuer sauvagement son psychanalyste avec un couteau. Un roman qui semble travaillé sur mesure pour les Editions de Minuit.

Samedi Culturel: Comment vous est venue l’idée de «Viviane Elisabeth Fauville»?

Julia Deck: D’une idée ancienne. Elle remonte à ma lecture de Crime et Châtiment quand j’avais 20 ans. J’ai eu à ce moment l’idée d’un Crime et châtiment à l’envers. Raskolnikov devenait une femme. Elle ne tuait pas avec préméditation mais dans un accès de rage. Et elle ne se rendait pas à la police mais devait porter le poids de la culpabilité jusqu’au bout. Qui tuait-elle? J’ai vite pensé au psychanalyste. C’était téléphoné mais en même temps drôle.

Quel a été le déclic pour commencer l’écriture?

Mon insatisfaction devant les deux premières versions que j’avais menées jusqu’au bout. Quand j’ai réalisé que j’étais loin de ce que je voulais atteindre, j’ai repris les choses en y consacrant cinq heures par jour pendant un an et demi. Etant secrétaire de rédaction free-lance, je pouvais aménager mon temps. A la fin, je n’étais toujours pas pleinement satisfaite, mais je sentais que j’avais donné tout ce que je pouvais. J’ai envoyé mon manuscrit aux Editions de Minuit.

C’est la seule maison que vous ayez contactée?

Oui. Parce qu’elle publie les auteurs que je lis le plus. C’est elle qui m’a converti à la littérature contemporaine. Encore aujourd’hui, je n’en reviens pas d’être éditée là!

Qu’ont apporté au roman les remarques de l’éditrice?

Ses remarques m’ont aidée à voir plus clair. Elle ne m’a pas dit ce que je devais faire. Elle a relevé quelques points dans la construction. J’ai laissé reposer un mois. Et puis, j’ai repris les choses.

Comment vivez-vous cette première rentrée littéraire?

Pour le moment, Paris est encore en vacances, les rues sont vides. Je ressens de l’appréhension mais aussi beaucoup de curiosité. En même temps, j’ai signé le contrat pour Viviane Elisabeth Fauville il y a un an déjà. Je suis déjà dans le chantier du prochain livre.

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