Derek Walcott. Le Chien de Tiepolo. Trad. de Marie-Claude Peugeot. Le Rocher, 202 p.

Né à Sainte-Lucie en 1930, Prix Nobel de littérature en 1992, aujourd'hui installé à New York, l'Antillais Derek Walcott est un défricheur très inventif, un de ces auteurs qui mêlent les cultures et les influences. Partagé entre «l'anglais paternel du savoir et le créole maternel de la mémoire», il vient de publier deux livres. Le premier, Le Chien de Tiepolo (Tiepolo's Hound), est un long poème qui raconte l'aventure spirituelle de Camille Pissarro, au moment où il quitta son île antillaise pour aller peindre à Paris: vingt-six strophes lyriques qui évoquent l'exil, les paysages perdus de l'enfance, la bohème, la découverte de l'Europe et l'histoire de l'impressionnisme. Quant au second ouvrage, Café Martinique (What the Twilight Says), il rassemble des essais publiés dans des revues américaines, une belle lettre à son complice Patrick Chamoiseau et le discours que Walcott prononça à Stockholm quand il reçut le Nobel, le tout traduit par Béatrice Dunner. D'un texte à l'autre, l'écrivain célèbre les vertus du métissage, sous le signe de cette world fiction dont il est désormais l'un des maîtres incontestés.