«Les gens, surtout ceux qui ont vingt ans de moins que moi, me parlent toujours de cette émission. Certains me racontent même un gag ou une anecdote liés à tel ou tel personnage que je n'ai joué qu'une seule fois. C'est incroyable! Agréable aussi. C'est toujours dit avec le sourire. Nostalgique? Non. Ce fut une expérience jubilatoire. On s'est beaucoup amusés. C'est du passé et c'est très bien ainsi.

»Avec le recul, je pense que si l'émission a laissé de tels souvenirs, c'est parce que la mise en image et le ton étaient nouveaux. La TSR était venue nous chercher, nous qui ne connaissions pas son univers, qui n'en étions même pas accros. Nous avons appris en faisant. Techniquement, nous avons pleinement profité d'un nouveau système de montage vidéo qui venait d'apparaître. On en a beaucoup joué. Aujourd'hui ça paraît très ringard. A l'époque, c'était novateur.

»Je crois aussi que nous avions une bonne dose de dérision, une fraîcheur et une grande capacité à délirer. Nous étions même un peu précurseurs dans ce registre. Les Nuls ou les Inconnus sont arrivés après nous. Les réactions d'étonnement et d'envie étaient autant le fait des téléspectateurs que des vedettes qui, pour toutes ces raisons, acceptaient de venir sur le plateau. Tout cela n'était pas très courant en télévision.

»Comparé à aujourd'hui, la vraie différence c'est le rapport à l'audimat. A l'époque, les responsables de chaînes choisissaient les émissions avant de les mettre à l'antenne parce qu'ils les aimaient. Ils ne les faisaient pas tester. Nous avions eu carte blanche et personne ne nous parlait d'audience ou de parts de marché. Je ne sais pas si aujourd'hui les scores que nous enregistrions alors seraient suffisants…»