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Le dernier roman de Jacques Chessex «emballé» en vertu du droit suisse

«Le Dernier Crâne de M. de Sade» sera mis en vente dès le 7 janvier en Suisse, sous plastique et doublé d’un avertissement. Grasset s’incline devant le droit suisse, mais juge le dispositif «hypocrite»

Si vous souhaitez lire dès mercredi, le dernier livre de Jacques Chessex, il vous faudra passer la frontière. Les 10’000 exemplaires, sur 25’000 publiés par son éditeur français Grasset, mis sur le marché suisse par Diffulivre n’arriveront que le 7 janvier dans les librairies, soit un jour après la date de sortie du livre en France, comme c’est d’ailleurs le plus souvent le cas.

Par ailleurs, «Le Dernier crâne de M. de Sade» n’aura pas le même aspect selon qu’il est en vente d’un côté ou de l’autre de la frontière. En Suisse, le livre paraîtra sous «blister», soit emballé dans une enveloppe de plastique et assorti d’un avertissement autocollant «réservé aux adultes», tout comme ce fut le cas pour «Happy Sex» de Zep (Delcourt).

Diffulivre s’est en effet adressé à un juriste qui a jugé qu’au regard de la loi suisse, le blister était nécessaire au vu des «scènes sales» (l’une d’entre elles impliquant un mineur) pour reprendre l’expression de Jacques Chessex lui-même, présentes dans «Le Dernier Crâne de M. de Sade».

En France, rien de tel. Le livre paraît sans avertissement. Et chez Grasset, Manuel Carcassonne, l’éditeur de Jacques Chessex, s’il dit évidemment respecter le droit suisse, juge «à titre personnel et en tant qu’éditeur», que c’est «la plus grande hypocrisie de mettre le texte d’un écrivain sous blister». «Il s’agit d’un texte littéraire, qui de plus affiche une forme d’humour dans le dispositif érotique, et qui, de toute évidence, ne s’adresse pas aux enfants», continue-t-il. Et il n’y voit là «rien qui puisse choquer les foules. D’un point de vue éditorial, on assigne à résidence pornographique, un écrivain qui ne l’est pas.»

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