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Tobias Richter a jonglé avec les impondérables pour réaliser sa dernière saison à la tête du Grand Théâtre de Genève.
© Nicolas Schopfer / GTG

Opéra

Dernier tour de piste pour Tobias Richter

L’ultime saison du directeur du Grand Théâtre révèle une affiche variée, placée sous le signe du retard des travaux et de l’espoir d’un futur dialogue avec le canton

«C’est dans les coups durs qu’on reconnaît ses amis.» En évoquant l’OSR, qui s’est adapté avec souplesse aux changements tardifs de programmation du Grand Théâtre, Lorella Bertani a donné le ton de sa présentation du cru lyrique à venir. La présidente de la Fondation citera avec reconnaissance tous les intervenants à l’œuvre pour la dernière saison de Tobias Richter, très bousculée par le retard de cinq mois des travaux du Grand Théâtre.

Lire aussi: Tobias Richter: «D’abord réussir la dernière saison. Après on verra»

Il s’agit d’un «miracle». Celui réalisé par le directeur, d’abord. Son travail «de Titan», selon la formule de Sami Kanaan, a permis de remanier complètement la programmation en un temps record. Celui des équipes ensuite, qui ont courageusement assumé deux déplacements majeurs en plein travail. La réouverture du Grand Théâtre rénové se fera le 12 février 2019, soit trois ans presque jour pour jour après le premier lever de rideau à l’ODN. Les responsables se félicitent que durant cette période, le public se soit rapidement habitué au confort d’écoute de la salle transitoire.

Face aux tempêtes

L’autre particularité des ultimes feux de Tobias Richter, qui partira après dix ans à la tête du Grand Théâtre, se profile du côté des élections cantonales. Le ministre de la Culture et des Sports espère qu’elles permettront de déboucher sur une reprise des discussions et un dialogue positif avec l’Etat, pour mettre en place une collaboration essentielle au bon fonctionnement de la scène lyrique genevoise. Comparant l’opéra à un navire amiral résistant à toutes les tempêtes, Lorella Bertani, affligée par le refus du canton de signer la convention prévue, a rappelé le rôle crucial du soutien financier de l’institution par tous les pouvoirs publics.

En attendant, il s’agit de lever le voile sur le dernier tour de piste de Tobias Richter. Que trouve-t-on derrière l’affiche nuageuse? La reprise annoncée du Ring wagnérien mis en scène en 2014 par Dieter Dorn. La Tétralogie sera dirigée par Georg Fritzsch et inaugurera le retour à la place de Neuve sur trois cycles.

Sur le plan des réjouissances, il y a le retour en concert de Teodor Currentzis et de ses musiciens, dans le Requiem de Verdi. Et celui de Leonardo Garcia Alarcon avec sa Cappella Mediterranea dans Médée de Charpentier mise scène par David McVicar, en coproduction avec l’English national Opera.

William Christie, un événement en soi

La venue de William Christie avec ses Arts Florissants et Robert Carsen à la mise en scène constitue un événement en soi, grâce à une coproduction avec les Bouffes du Nord et une quinzaine de scènes européennes. Le maître baroque sera aux commandes du Beggar’s Opera de Johann Christoph Pepusch.

Carmen de Bizet ouvrira les feux à l’ODN sous la direction musicale de John Fiore avec la chorégraphe Reinhild Hoffmann à la mise en scène, avant Boris Godounov de Moussorgski, dirigé par Paolo Arrivabeni et signé par Matthias Hartmann. On découvrira encore la coproduction lyonnaise et barcelonaise Viva la Mamma! de Donizetti, avec Laurent Pelly au plateau et Gergely Madaras en fosse, alors que Un ballo in maschera de Verdi conclura le versant lyrique sous la baguette de Pinchas Steinberg, dans une lecture scénique de Giancarlo del Monaco, ami de longue date de Tobias Richter.

Du côté dansé, une création (Wahada d’Abou Lagraa), deux accueils (La Belle au bois dormant par le Ballet de Saint-Pétersbourg et Sombras de Sara Baras) et une production maison (Entre réel et illusion théâtrale sur des chorégraphies de Jiri Kylian et Andonis Foniadakis) occuperont enfin la scène entre six récitals et quelques spectacles annexes.


Grand Théâtre.

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