La Revue de Genève se retourne pour la 112e fois sur l'an écoulé et ce qui a fait le quotidien des Genevois et la Une de leurs journaux. On reprend le même trio d'auteurs - Pierre Naftule, Thierry Meury et Pascal Bernheim - et répliques, jeux de rôles et de mots fusent. Pas de doute, on s'amuse au «Casin Cabaret», unité de lieu dessinée par le scénographe Gilles Lambert où se cristallise le bêtisier annuel des politiciens et autres faiseurs d'actualité.

Du côté du Conseil administratif de la Ville de Genève, les «gueux» Rémy Pagani et Patrice Mugny se font payer des cours de savoir-vivre chez Nadine de Rothschild par le très royal Manuel Tornare et Sandrine Salerno chante «Oui c'est moi l'emmerdeuse de service, Salerno no no» sur l'air vigoureux de la chanson «Rehab» d'Amy Winehouse. Pascal Couchepin est démasqué par l'inspecteur Colombo comme serial killer du Conseil fédéral et Eveline Widmer-Schlumpf remue son chaudron de sorcière anti-blochérienne...

Jo-Johnny en Jet d'eau

Entre les longues jambes des danseuses très dénudées se succèdent aussi Marc Roger, champion du mensonge, Daniel Zapelli en dépanneur des copains, un évêque-tronc, Nicolas Bideau en pornographe du cinéma suisse ou encore le divisionnaire Nef en psychopathe plein de tics. Et même Frédéric Hohl, par ailleurs producteur de La Revue, en devient aussi un personnage. Il nargue tout le monde en exhibant ses couilles en or d'organisateur de l'Euro genevois.

Comme on peut le voir, la grivoiserie est toujours de mise. Et c'est une bande de comédiens exclusivement masculine qui l'assume, rôles féminins compris. Ils sont très bons, mais leurs consœurs ne l'étaient pas moins les années passées. Et elles manquent! Bien sûr, pas pour interpréter le Conseil d'Etat genevois qui tente de jouer sa propre Revue (en attendant celle que préparent réellement les députés genevois). Ni même pour personnifier un Jet d'eau des plus attendrissants sous son ballon de foot géant. C'est un autre monument genevois, le doyen Jo-Johnny, 89 ans, qui endosse ce costume aquatique. Et on ne peut que le reconnaître: Florian Sapey fait mouche avec son petit côté Edith Piaf en Eveline Widmer-Schlumpf. Mais oui, quitte à passer aussi pour l'emmerdeuse de service, on se dit qu'il n'y a pas de raison artistique pour priver La Revue de comédiennes.

Et déjà on se demande si le nom de l'équipe qui produira les prochaines éditions sera prometteuse d'un peu plus de finesse. Le contrat de Frédéric Hohl arrive en effet à son terme et le Département de la culture devrait annoncer son successeur d'ici à la fin du mois.

La Revue, au Casino-Théâtre, rue de Carouge 42, Genève. Jusqu'au 31 déc. Rens. http://www.larevue.ch