Design

Design Miami/Basel, le salon de tous les arts

Entre créations contemporaines, artisanat d’art et meubles vintage, la 14e édition du salon du mobilier de collection a trouvé son juste équilibre

Il aura peut-être fallu attendre cette 14e édition pour que Design Miami/Basel pose enfin ses bases. Depuis 2006, date de sa création, la foire consacrée au mobilier de collection oscillait d’une année à l’autre. Un tangage qui tirait parfois un peu trop vers le vintage et la bijouterie et pas assez en direction de la création contemporaine. Ce juste équilibre, on le doit à Curio, section imaginée l’année dernière pour permettre à des exposants de présenter dans de petits espaces des projets spéciaux. Comme Mathieu Lehanneur, pas le moins connu des designers français, qui a choisi cette formule pour présenter Inverted Gravity. «Pour moi, venir ici avait du sens, car c’est une manière directe de passer du producteur aux consommateurs», explique-t-il en présentant sa toute dernière collection de tables et bancs en marbre ou onyx posé sur des bulles de verre soufflé. «J’ai appelé mon verrier pour lui demander si, au lieu de poser la chose dite fragile sur un matériau solide et lourd, on ne pourrait pas essayer l’inverse.» Alors oui, on peut.

Tapisserie et vitraux

Cet intérêt pour le verre, mais aussi pour l’artisanat d’art en général, est aussi l’une des nouveautés du salon. La Erik Thomsen Gallery de New York présente une sélection de paniers en bambou tressé japonais. Des trésors à la technique époustouflante que l’on retrouve aussi sur le stand du Parisien François Laffanour, spécialiste de Charlotte Perriand, à qui il vient de consacrer un beau livre édité chez Skira. A la DimoreGallery, Britt Moran et Emiliano Salci, fondateurs du bureau de décoration milanais Dimore Studio, rendent hommage à l’architecte Piero Portaluppi en faisant dialoguer son mobilier très années 1930 avec des vitraux et une tapisserie de Pierre-Marie Agin. Le jeune designer vient de Paris. Son style féerique et poétique fait penser à celui de Jean Lurçat. Normal, tous deux, à quelques décennies de distance, ont travaillé sur les métiers de la manufacture d’Aubusson.