Classique

Dessins de sable en musique 

L’artiste visuel Cédric Cassimo pratique le «dessin sur sable», un art particulièrement original qui a séduit petits et grands, mardi soir au Victoria Hall de Genève. Kazuki Yamada dirigeait l’OSR dans des oeuvres impressionnistes de Debussy et Ravel

A elle seule, la musique de Debussy et Ravel est une matière féerique. Mais on peut y adjoindre des images, et là, c’est tout notre imaginaire qui s’éveille. Cédric Cassimo fait du «dessin sur sable», soit une technique qui permet de créer des images à partir de fines particules de sable. Il façonnait ces animations en direct, mardi soir au Victoria Hall de Genève, tandis que Kazuki Yamada et l’OSR l’accompagnaient dans l’émouvant «Ma Mère l’Oye» de Ravel.

Depuis plusieurs années déjà, l’OSR s’efforce de sensibiliser le jeune public à la musique classique. Marion Fontana assurait les commentaires pour ce concert de Noël, présentant d’abord au public les différentes familles d’instruments puis les oeuvres. A ce propos, on regrette que le récit soit un peu scolaire, comme sorti d’une encyclopédie (trop de dates). Quand elle suggère à la salle de marcher en musique ou de «claquer les contretemps dans les doigts» sur la «Petite Suite» de Debussy, c’est déjà plus concret. Mais c’est surtout l’animation de Cédric Cassimo qui séduit.

Debout côté cour, l’artiste lausannois se met à créer des images – projetées en noir et blanc sur un grand écran – en modelant le sable en direct. Les images apparaissent et disparaissent, se transformant à vue. On y voit les personnages des contes de Perrault qui ont inspiré Ravel pour «Ma Mère l’Oye» (la Belle au bois dormant, le Petit Poucet), ou encore La Belle et la Bête (une silhouette noire effrayante) et Laideronnette, Impératrice des Pagodes.

Parce que le sable est une matière souple et mouvante, Cédric Cassimo crée des effets d’aquarelle. Le plus touchant, c’est l’ultime tableau où l’artiste façonne une princesse endormie qu’il réveille en se penchant sur elle et en l’embrassant. Enfin, le livre d’images se referme sur le mot «Fin». Tous avaient les yeux écarquillés en sortant du concert, conquis par la féerie du «dessin sur sable».

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