Muséographie

Détournement d’œuvres au Musée d’art et d’histoire de Genève

Alors que la décision pour l’agrandissement du Musée d’art et d’histoire de Genève s’éternise, l’institution invite cet automne l’événement participatif Museomix en ses murs. L’occasion pour les participants de détourner les œuvres à l’aide du numérique et au travers d’installations de mises en scène originales

Remixer l’art et l’histoire à Genève

Installations Le projet culturel Museomix s’invite au MAH en novembre

Grandira-t-il un jour? Telle est la question – et le feuilleton – au Musée d’art et d’histoire de Genève (MAH). Clin d’œil? Dans ce contexte d’incertitude, l’institution ouvre ses portes aux organisateurs de Museomix, un événement ori­ginal et international qui invite, les 7, 8, et 9 novembre, des équipes de designers, informaticiens ou encore artisans pour un «remixage» des œuvres. Oui, remixer le musée, comme un musicien qui s’approprie une ancienne chanson et y ajoute sa propre orchestration. Un appel à candidatures est lancé aujourd’hui jusqu’au 30 juin pour ceux qui voudraient s’y atteler.

Pendant ces trois jours d’expérimentation collective, les «museomixeurs» repenseront les collections du musée – armures, peintures, sculptures, instruments de musique – et fabriqueront des prototypes de nouvelles formes de scénographie à l’ère du numérique. Graphistes, ingénieurs techniciens, artisans, codeurs informatiques, designers, médiateurs culturels et scientifiques seront répartis en huit équipes interdisciplinaires qui s’installeront dans l’espace des expositions temporaires. Tout ceci sous le regard attentif des visiteurs, qui pourront observer les ateliers et questionner les museomixeurs.

La volonté du MAH de faire partie de ce projet expérimental fait écho à la situation de transition dans laquelle il se trouve. «Nous nous préparons à une période de mutation avec la fermeture du ­musée pour les rénovations qui ­dureront plusieurs années, explique Jean-Yves Martin, directeur du MAH. Le numérique et Internet offrent des outils de communication vers le public pour faire vivre les collections. Nous essayons d’acquérir un corpus de connaissances qui nous permettront d’être à jour avec les outils technologiques en 2020, au moment de la réouverture.»

De Paris à Montréal

Lancée en 2011 en France, la première édition de Museomix était le fruit d’une frustration d’un certain nombre de médiateurs culturels dont les institutions demeuraient frileuses pour intégrer le numérique dans l’expérience du visiteur. Une autre raison est le constat que les plus jeunes désertent les musées faute d’y trouver les terrains de jeu et d’expérimentation qu’offrent d’autres plateformes comme In­ternet. Ces professionnels se sont alors regroupés au Musée des arts décoratifs à Paris et ont mis sur pied 11 installations scénographiques originales et interactives.

Les années suivantes, d’autres institutions ont accueilli le laboratoire de Museomix, comme le Musée gallo-romain de Lyon-Fourvière en 2012 ou, en 2013, le Musée de la civilisation à Québec et le Louvre-Lens. Pour ce dernier, une des équipes avait fabriqué des «briques sonores» interactives disposées dans les rues de la ville. Elles offraient la possibilité aux badauds de les toucher et d’écouter les réactions de visiteurs devant un tableau ou une sculpture du musée. Sept autres musées rejoignent le MAH en 2014, comme le Musée des beaux-arts de Montréal ou le Musée d’histoire naturelle de Lille, pour accueillir leurs propres équipes de museomixeurs. Aurélie Coulon

Inscriptions pour remixer le MAH, du 11 juin au 30 juin sur le site www.museomix.com

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