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Le pavillon d'exposition des architectes Rodet et Truwant à Art Basel. Une boule de cinq mètres de diamètre repose au-dessus des quatre murs blancs.
© Art Basel

Architecture

Deux architectes basés à Bâle et proches de l’EPFL emportent le Prix suisse d’architecture

Lauréats du Prix suisse d’art, section architecture, Charlotte Truwant et Dries Rodet ont voulu exposer leurs plans d’une manière qui reflète l’ensemble de leur travail

C’est un kaléidoscope. Une sphère argentée sise au cœur de la Halle 3, dédiée à l’exposition des œuvres des nominés des Prix suisse d'art et de design. Déposée sur quatre murs hauts de trois mètres, elle reflète la lumière froide des néons. En entrant, on ne voit qu’elle. En l’observant, on réalise qu’elle réfléchit toutes les œuvres et projets alentour.

Union entre la sphère et le cube

Cette boule de PVC mesure 5 mètres de diamètre et pèse 90 kilos. Elle recouvre le pavillon réservé aux architectes Charlotte Truwant et Dries Rodet, lauréats du Prix suisse d’art 2017 pour l’architecture décerné lundi par l’Office fédéral de la culture, à Bâle. Leurs projets font partie des cinq candidatures à avoir été sélectionnées parmi 300 soumissions. Et pour les exposer, les deux architectes ont choisi l’union entre la sphère et le cube, mariage géométrique qui éprouve l’usure des siècles sans prendre une ride.

Travailler sur différentes échelles

Elle est diplômée de l’EPFL de Lausanne, il l’est de l’Université de Gant, en Belgique. Elle a ouvert son bureau à Bâle en 2013, lui en 2015. Ils ont tous deux fait leurs armes en Suisse. Aujourd’hui, tout en travaillant comme assistants à l’EPFL à temps partiel, ils collaborent depuis 2014. Recevoir ce prix, d’un montant de 25 000 francs, est une reconnaissance bienvenue pour les deux architectes: «Notre quotidien est rythmé par les concours. Cette récompense nous prouve qu’on fait les bons choix. Ce qui est réconfortant», sourit Charlotte Truwant.

Ce qu’aime la paire, c’est travailler sur différentes échelles. Ils conçoivent des meubles, imaginent des plans urbains, un quartier ou un habitat. Ils auraient pu présenter leurs plans imprimés sur des feuilles cartonnées accrochées aux murs. Mais c’était oublier que les architectes sont avant tout des bâtisseurs et des théoriciens de l’espace.

Nous voulions que les plans deviennent eux-mêmes une expérience spatiale

Charlotte Truwant

Oppressante à l’extérieur, protectrice à l’intérieur, leur sphère transforme l’atmosphère de la halle grâce à ses reflets projetés sur le sol et sur les murs. Pour entrer dans leur pavillon, le visiteur est tenté de baisser la tête tant la boule est massive. Mais si sous sa courbe le ciel semble lourd, dans les reflets qu’elle arbore sur son revêtement aluminium, elle se dématérialise. Les architectes rappellent ainsi le visiteur à l’espace qu’il perçoit malgré lui. «Tout est architecture! Et elle doit parler d’elle-même», relève Charlotte Truwant.

Les murs sur lesquels repose la boule d’argent sont striés d’aplats noirs dessinés méticuleusement au ruban adhésif. Si le visiteur ne s’arrête pas un instant, il pourrait croire en des formes abstraites. Il n’en est rien. Ces géométries représentent les plans des projets soumis par Rodet & Truwant au jury. Etirés à l’échelle des murs, ils forment sur les parois blanches, portant encore les marques des expositions précédentes, des lignes précises. «Nous voulions que les plans deviennent eux-mêmes une expérience spatiale», explique Charlotte Truwant.

L’architecture se vit et se parcourt

L’architecture est-elle toujours le premier des arts? En installant, depuis sa création, les prix d’architecture au centre des expositions, le Concours suisse donne un élément de réponse évident. L’architecture se vit et se parcourt tout en répondant à un usage et en intégrant une fonction. Elle remet aussi parfois l’humain à sa place. Sous la sphère argentée de Rodet & Truwant, le visiteur est invité à observer de plus près les tracés noirs, reproduits à l’infini par la sphère d’argent. Il distinguera alors le plan même de la Halle 3 dans laquelle il se trouve.

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