La synergie porte ses fruits. Les écoles de jazz de Montreux et de Lausanne (EJMA), seules en Suisse romande dans le domaine des musiques actuelles à avoir fait acte de candidature, travaillent depuis près de cinq ans pour adapter leur offre aux normes HEM (Haute Ecole de musique). Si leur dossier, déposé hier, doit encore être officiellement validé par la Conférence suisse des directeurs de l'instruction publique (CDIP), le cursus débute cet automne déjà. Explications de Jean-Claude Reber, directeur du Conservatoire de Montreux.

Le Temps: Comment se présente le nouveau cursus que vous proposez?

J.-C. Reber: L'EJMA et la section jazz du Conservatoire de Montreux formeront une seule et même école. Un tronc commun de deux ans pourra être suivi dans un lieu ou l'autre, les 3e et 4e années seront ensuite réparties géographiquement selon les trois filières à choix (instrument, pédagogie, arrangement et composition). Et comme cette Haute Ecole de jazz a un statut égal à celui du Conservatoire de Lausanne dans la HEM-Vaud, les échanges vont être développés.

– Est-ce un changement radical par rapport au contenu actuel?

– La différence est plutôt dans le statut de la formation, et la reconnaissance de cet enseignement. La base du cursus reste similaire, avec des exigences plus élevées, et des modifications pratiques, comme la durée et le nombre de cours. A part ça, Montreux et Lausanne conservent chacun leurs classes non professionnelles. C'est important pour la dynamique des lieux.

– La reconnaissance de cet enseignement est d'ordre financier?

– Oui, entre autres. Les professeurs de jazz sont payés jusqu'à deux fois moins que ceux du Conservatoire classique. Cela sera mis à niveau. Et pour les diplômés, le label HEM est évidemment un gage de sérieux. C'est une façon de démarginaliser les «jazzeux»!

– La mise en place des HEM a pris plus de temps en Suisse romande qu'en Suisse alémanique…

– Le projet est différent. Les cantons alémaniques qui ont monté des HEM (Berne, Bâle, Zurich, Saint-Gall et Lucerne) l'ont fait chacun de son côté, de façon autonome. En Suisse romande, nous avons dû nous mettre d'accord entre cinq cantons, pour fonder une seule école qui répartisse ses filières de manière complémentaire.