Les peintures de Diane Garcès de Marcilla et celles de Motoko Watanabe se présentent sous des aspects bien distincts. Mouvances impressionnistes du paysage ou d'intérieurs avec figure féminine, pour la première. Traduction d'éléments naturels, tels que montagne ou tiges de bambou, en larges tracés au pinceau, pour la seconde. Néanmoins, les deux femmes artistes exposées à Vevey se retrouvent dans leur attirance pour la lumière, reflets divers sur canaux et rivières, poudre d'or rehaussant la silhouette des cimes.

Formée auprès de maîtres chinois, à Singapour, Motoko Watanabe, qui vit en Suisse depuis huit ans, s'essaie, comme bien d'autres, à rattacher les traditions à l'expression contemporaine. Ses coups de pinceau se révèlent puissants, mais ses compositions peu aérées semblent un peu étouffantes, comme colmatées de surcroît par les tonalités dorées.

Métissage culturel

Diane Garcès capte les «reflets intimes», titre de son exposition, aussi bien à la surface de l'eau que dans les miroirs des chambres. Là apparaît la forme déhanchée de femmes à leur habillage, ou déshabillage, la teinte du pull-over faisant écho à celle de la chevelure, comme un casque de feu.

On préférera les paysages oblongs, qui suivent l'horizon, ou les éléments isolés d'un canal, où courent de superbes reflets, vert et or. L'artiste est également le produit d'un métissage culturel, en l'occurrence ce sont les racines cubaine et française qui font l'objet d'une interprétation très personnelle. Personnelle, la façon de cadrer les sujets, sur un rectangle de lumière, entre des rideaux de verdure et des bandes de béton, ou sur un corps tronqué, dont la peau, ses ombres et ses nuances, rappellent les femmes à leur toilette des pastels de Degas.

Galerie Yves Callet-Molin (rue du Simplon 40, Vevey, tél. 021 9227467). Ma-ve 14-18h30, sa 14-17h. Jusqu'au 17 mars.