Chercheur chez EADS Airbus, Jean-Claude Dunyach est un des principaux représentants de la nouvelle science-fiction française.

Samedi Culturel: Votre activité professionnelle inspire-t-elle vos écrits, et vice versa?

Jean-Claude Dunyach *: Elle me met en contact avec beaucoup d'informations «de pointe» (supercalculateurs, nanotechnologies, etc.) dont je vois l'utilité en termes d'imaginaire. Mais mes livres se passent en général dans un futur tellement lointain que je dois réinventer beaucoup de choses. En fait, c'est un échange permanent – j'ai un jour trouvé une idée d'algorithme dans une pièce de Shakespeare. Disons que l'écriture de SF consiste à raisonner son imaginaire et que le fait de faire voler un avion demande «du chiffre et du songe», pour citer Victor Hugo.

Comment qualifieriez-vous cette relation entre science-fiction et science?

La SF offre à la science la possibilité d'expérimentations humaines en grandeur réelle, par le biais des sociétés décrites par les auteurs. C'est aussi un champ d'exploration éthique, une façon de s'interroger sur le devenir de nos inventions et de nos idées… Et peut-être de réfléchir à deux fois à ce futur technologique et scientifique que nous bâtissons!

* Dernières publications: deux (remarquables) recueils de nouvelles, «La Station de l'agnelle» et «Dix Jours sans voir la mer», qui seront suivis, en mai, de «Déchiffrer

la Trame» (Ed. L'Atalante).