C’est une année faste pour Laurence Rasti, exposée en janvier au festival Circulation(s) à Paris et cet été au Musée de l’Elysée à Lausanne, également Prix du Jury des dernières Boutographies de Montpellier. Mercredi soir, la jeune femme a obtenu un Swiss Press Award – ewz selection, à ne pas confondre avec les Swiss Press Photo – dans la catégorie «Fine Art». Diplômée de l’Ecal en 2014, la Genevoise convainc avec sa série «Il n’y a pas d’homosexuels en Iran». Subtilement mise en scène, elle présente des couples cachés derrière une grappe de ballons ou un tissu fleuri, un jeune homme prisonnier d’un drap aux motifs persans, le regard doux. Apparente légèreté.

(Laurence Rasti)

Jean Revillard, de son côté, emporte le premier prix de la section «Reportage», avec son très beau travail sur les personnes électrosensibles. Le membre de l’agence Rezo a suivi trois femmes dans leur quête de zones «blanches», de rares lieux coupés des ondes du monde. La Drome offre quelque répit à ces ermites particulières, passant leurs nuits dans des écuries ou des grottes.

(Jean Revillard)

Un troisième Genevois est distingué, dans le trio de tête de la catégorie «Editorial». Il s’agit de François Schaer, salué pour son reportage sur le football dans les bidonvilles de Nairobi. Il est devancé par le Lucernois Christof Schürpf, auteur d’une délicate série sur les enfants agressés par des adultes.

(Christof Schürpf)

En architecture, c’est le Zurichois Urs Bigler qui empoche les 5000 francs accompagnant chaque premier prix. Il livre de belles images autour de ses passages chaque hiver au massif du Gothard.

(Urs Bigler)

Cyrill Matter est nominé en mode, pour le shooting élégant et virevoltant d’un dandy en noir et blanc.

(Cyrill Matter)

Roland Tännler gagne la section «Publicité» avec ses danseurs scotchés au sol pour le festival «Zurich danse».

(Roland Tännler)

Inclassable, enfin, catégorie «Libre», Andrin Winteler s’interroge sur la volonté – et la capacité – humaine à dompter la nature, en ajoutant des angles parfaits aux paysages, un peu à la manière de ces frontières africaines totalement droites et a-naturelles.

(Andrin Winteler)