Les hélicoptères des chaînes de télévision vrombissent au-dessus du UCLA Médical Center. Aux pieds des buildings, au cœur du quartier huppé de Westwood à Los Angeles, quelques centaines de fans se sont rassemblés juste après l’annonce du décès du « King of Pop ». Et l’ambiance, à la fois recueillie et festive, n’a fait que monter avec la tombée de la nuit. « Je suis venue dès que la nouvelle a été confirmée, dit Ebony, 34 ans, émue. Je devais être là. J’ai passé mon enfance à essayer de danser le moonwalk, avec un gant en argent ! »

Le long de Westwood Boulevard, « Billie Jean » résonne dans les voitures qui passent, toutes fenêtres ouvertes. Sur le parvis, devant le grand centre hospitalier universitaire, chacun se recueille à sa façon. Quelques voix s’élèvent, sur des airs bien connus : un groupe de jeunes africains-américians s’est formé autour de petites enceintes : on danse, on chante, pour célébrer l’idole. Rapidement, le groupe s’étoffe et voilà qu’ils sont une vingtaine à reprendre les plus grands titre de « Michael ».

L’esprit gospel pourrait étonner. « C’est normal ! assure Alejandro. Nous sommes ses fans ! Il doit sentir qu’on est toujours avec lui. Il nous entend chanter de là-haut. » Mexicain mais vivant dans la métropole californienne à Los Angeles depuis plusieurs décennies, il ne cache pas son émotion. « Il adorait cette ville, et nous, les fans, en faisons partie. Demain, des milliers de fans apprendront eux aussi la nouvelle en Europe, en Chine et dans le reste de l’Amérique. Et tous ces gens voudront être à L.A », lance-t-il. Emu, il ajoute : « J’ai le même âge que Michael. Et l’impression qu’on a été élevé ensemble. »

Cinquantenaires, trentenaires ou adolescents, tous affirment avoir grandi avec le roi de la pop. Laurel a seulement 23 ans. Mais c’est stoïque, et les yeux remplis de larmes, qu’elle sert contre sa poitrine un coussin à l’effigie du chanteur. « Je suis fan depuis toujours. Depuis que j’ai le souvenir d’avoir écouté de la musique. Et je suis venue ici, à l’hôpital, parce que c’est le seul endroit où être ».

Vers 21 heures, la nuit tombe sur la Cité des Anges. Les bougies s’allument, l’ambiance change peu à peu. Les admirateurs arrivent encore, brandissant de grands panneaux en guise d’hommage. Et déjà, des tee-shirts où trône la photo de Mickael Jackson, encadrée de ses dates de naissance et de mort, sont en vente. Les marchands du temple se sont joints, sous l’œil des caméras, aux irréductibles fans qui reprennent en cœur, a capella, les grands succès des années Jackson Five. Un condensé d’Amérique.