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Diamantino, le héros, face à l’équipe adverse telle qu’il la perçoit.
© NIFFF

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«Diamantino», le football est une affaire de grands chiots poilus

Le NIFFF montre un film loufoque racontant l’odyssée d’un footballeur vedette qui risque de se faire cloner pour servir la propagande d’un parti anti-UE. Une œuvre doucement farfelue, très opportune avant la finale en Russie

Les programmateurs de festivals ont parfois ce trait de génie, ou de ruse, qui leur permet de placer leur manifestation parfaitement dans l’humeur du moment. A Neuchâtel, le festival du film fantastique (NIFFF) montre ainsi un film portugo-brésilio-français, Diamantino, qui raconte l’odyssée d’un footballeur depuis le triomphe du stade jusqu’à la découverte de l’amour, en passant par son éventuel propre clonage pour raisons de future prise du pouvoir. Un grand n’importe quoi qui tient debout.


L’ouverture du film.

Pour être tout à fait dans l’ambiance du moment, ce film, dû aux réalisateurs portugais et américain Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt, commence lors de la Coupe du monde en Russie de 2018. En finale, le Portugal affronte la Suède – c’est la nécessaire licence poétique. Le joueur phare du Portugal, et plus grand joueur du moment, est Diamantino (Carloto Cotta, brillant), qui a un père footballeur qu’il adule et qui est aussi son agent. Pris en tenailles entre ses deux harpies de filles, les sœurs de la star, lesquelles ne pensent qu’à ses rentrées d’argent, qu’elles détournent sur un compte panaméen.

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Les immenses chiots poilus

Lorsqu’il joue, Diamantino ne voit rien sur la pelouse hormis l’arbitre; il substitue aux joueurs les images d’immenses chiots poilus, qui courent dans un nuage de brume rose. La Suède mène 1 à 0. Penalty pour Diamantino, qu’il rate. Au même moment, harcelé par les diablesses, le patriarche s’effondre.

Le footballeur est en ruine. En sus, la rencontre, depuis son yacht de luxe, avec des réfugiés le bouleverse. Et ce drame se complique par deux nouvelles intrigues: d’abord, Dimantino se trouve sous enquête du renseignement financier lusitanien, qui veut traquer les comptes au Panama; ensuite, ses sœurs lui font accepter une soi-disant thérapie. En réalité, il s’agit d’un programme de clonage, afin de créer une équipe de foot parfaite. Et ce, au service du Front national portugais, qui prépare le vote sur un retrait de l’Union européenne…


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En toile de fond, un hypothétique «Portuxit»

On a beaucoup raconté, mais rien gâché: film poétique et loufoque à la fois, Diamantino va vite. Cependant, c’est l’une de ses qualités, il a aussi de la réserve. Il y aurait du Ronaldinho dans le personnage, mais rien ne sert de courir les allusions. Dans des notes d’intention, les réalisateurs assument leur objectif de viser la drôlerie tout en disant vouloir l’utiliser aussi pour parler de crise. Et le film a en effet une dimension de satire politique visionnaire, si tant est que l’idée d’un «Portuxit» se pose un jour.

Personnage simple, trop empathique pour être juste idiot, le jeune footballeur vit dans son monde, et le film raconte ce qui arrive après le percement de la bulle. Parodie jamais hautaine, œuvre purement farfelue, Diamantino ajoute une couche de poésie sur l’herbe des stades russes de ces jours. Ça tombe bien, il est de nouveau montré ce samedi, pour mieux préparer la finale.



Diamantino. Festival international du film fantastique de Neuchâtel, samedi 14 juillet, 17h30.

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